Selon le jeu des vases communicants, quand l’un est en train de sortir la tête de l’eau, l’autre plonge et c’est le cas des deux sites des Fonderies du Poitou à Ingrandes-sur-Vienne (86). Nous suivons l’affaire de Saint-Jean Industries (ex-Fonderie alu) qui avait été placé en redressement judiciaire à la fin du mois de novembre 2018 (A lire Fonderies du Poitou (alu) : deux mois pour trouver un repreneur).
A ce moment-là, les syndicats et élus de la Vienne voulaient que le gouvernement fasse pression sur Renault (principal donneur d’ordre) pour sauver l’usine. Voici la suite, plus ou moins positive.

Liberty House, seul repreneur

Le mardi 29 janvier 2019, le tribunal de commerce de Lyon a confirmé qu’il y avait bien un repreneur potentiel et a décidé d’accorder un délai d’un mois supplémentaire (date limite de dépôts d’offres de reprise fixée au 28 février 2019) permettant à d’autres candidats de soumettre une offre "recevable". Une nouvelle audience a même été programmée pour le 19 mars.

A ce jour, seul le dossier déposé par le groupe anglais Liberty House a été accepté. Il s’agit d’une société industrielle et métallurgique fondée au Royaume-Uni en 1992, à rayonnement européen. Selon La Nouvelle République, ce repreneur s’est manifesté à la dernière minute, il reprendrait 215 salariés sur les 350 du site et investirait 4 à 5 millions d’euros. L’offre est donc en cours d’étude mais elle serait qualifiée de "sévère" et devrait être améliorée selon les syndicats qui espéraient avant l’audience :

« la réintégration de l’usine chez Renault ou alors un repreneur qui a envie d’investir (20 à 30 millions) avec un plan de charge de travail qui permettrait la création d’emplois et la diversification de l’activité pour ne pas être dépendant de Renault », rapporte le média.

Mais ce projet unique de reprise dépendrait du site voisin car un nouveau rebondissement dans l’affaire des Fonderies du Poitou a eu lieu. La Fonderie du Poitou fonte (FPF) est en grande difficulté : un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) vient d’être mis en place prévoyant la suppression de 103 postes pour 408 employés. Selon un communiqué « la FPF va solliciter son placement en redressement judiciaire, comme annoncé à ses salariés lors d’une réunion extraordinaire du comité d'entreprise (1er février 2019). Le second site serait confronté à une baisse drastique de ses commandes et donc de sa production ; d’une part du fait de la fin annoncée du diesel en France, où les commandes de blocs moteurs en fonte ont diminué de plus de 40% au second semestre de 2018 ; d’autre part car son principal client constructeur a été contraint de cesser ses opérations en Iran en 2018 par suite des sanctions stratégiques mises en oeuvre par les Etats-Unis à l'encontre de ce pays ». Le tribunal de commerce de Poitiers statuera sur cette demande de redressement et de sauvegarde des emplois dans une semaine.

Un rachat global des deux usines

Il existerait bien une solution : un projet de reprise globale des deux activités, soit créer des synergies ou un complexe industrielle unique. Dans une interview accordée à La Nouvelle République, le directeur Europe de Liberty House Philippe Baudon annonce vouloir reprendre le pôle alu et racheter la fonte.« Le rachat de la fonderie fonte permettra de renforcer l’ensemble puisque nous pouvons avoir des équipes, une structure commune et une simplification de mode de fonctionnement. La fonte est beaucoup liée au diesel et les perspectives sont malheureusement beaucoup moins roses. Dans ce cadre-là, un regroupement des deux activités permettra de se renforcer mutuellement et de donner des perspectives plus positives pour la fonte. L’idée, c’est de faire cette opération de rachat de façon concomitante avec la reprise de l’alu. »