Ford Motor Company a réalisé un chiffre d’affaires de 32,9 milliards d’euros au troisième trimestre 2018, soit une progression de 3% par rapport à la même période de référence 2017. Le bénéfice net s’est établi à 868,4 millions d’euros, en baisse de 37%. Toutefois, le bénéfice par action est au-dessus du consensus et dans la mesure où certains analystes s’attendaient à bien pire, les places de marché ont bien réagi.

En fait, Ford n’affiche de bonnes performances qu’en Amérique du Nord : 640000 immatriculations, pour une part de marché de 13,3% (-0,1%), mais surtout une marge de 8,8%, « grâce à l’amélioration du mix, avec orientation marquée vers les SUV et les light trucks, qui ont représenté 482512 ventes », dixit Jim Hackett, président de Ford. En outre, le prix moyen du F-Series a été significativement amélioré (+751 euros par véhicule). La solidité des résultats sur le marché américain permet aussi à Ford Credit de présenter une contribution solide et positive (+13%, à près de 594 millions d’euros).

En revanche, sur les autres marchés mondiaux, la situation est beaucoup moins engageante. Même si les volumes sont réduits, c’est le cas en Amérique du Sud, avec un repli plus marqué que prévu sur un marché argentin une nouvelle fois tourmenté par la crise, ou en Afrique Moyen-Orient. Par ailleurs, en Europe, si le commerce est assez bien orienté, le bilan global est à nouveau de mauvaise facture, « avec des problèmes importants en Turquie et en Russie et les coûts de lancement de la Focus à prendre en compte ». Résultat, une perte supérieure à 200 millions d’euros. Aucune précision n’a filtré par rapport au plan de restructuration annoncé pour la zone, ni sur les suppressions d’emplois ni sur une provision estimée à près de 10 milliards d’euros sur les cinq prochaines années.

Enfin, la zone Asie-Pacifique est aussi en grande difficulté, notamment en Chine (volume en repli et érosion du pricing power, taxes d’importation pénalisantes pour Lincoln ou le Ranger, etc.). Ford a d’ores et déjà réagi en annonçant une nouvelle organisation sur ce marché, la Chine devenant une business unit à part entière, qui sera dirigée par Anning Chen.

« Ce trimestre démontre que notre activité demeure solide et nos décisions actuelles pour rendre le groupe plus performant vont porter leurs fruits », synthétise Jim Hackett, avant d’ajouter : « Avec le lancement des modèles Edge ST et Ranger aux Etats-Unis et du SUV Territory en Chine, nous allons déjà bénéficier prochainement d’un temps fort au niveau des produits, via des offres en pleine adéquation avec les demandes des clients ».