Le Plan de sauvegarde de l'emploi de Ford pour la fermeture de son site de Blanquefort, qui emploie quelque 850 personnes près de Bordeaux, a été rejeté lundi 28 janvier 2019 par la Dirrecte (Direction régionale des entreprises de la concurrence de la consommation du travail et de l'emploi), offrant à Punch un délai supplémentaire pour "muscler son offre de reprise".

"On continue de penser que c'est une offre très sérieuse, après ils avaient des discussions très avancées avec leurs clients et au final, ça prend un peu plus de temps pour obtenir ces confirmations", a expliqué cette source ministérielle lors d'une conférence téléphonique. Selon elle, Punch n'a "toujours pas" présenté de lettre d'intention de clients potentiels.

"Il y a eu un retournement de conjoncture dans le marché automobile, tous les grands clients sont de plus en plus attentistes", indique-t-on encore à Bercy, en expliquant que ce sujet "pèse sur les perspectives commerciales" de Punch.

Dans ce délai estimé entre 15 jours et un mois par Bercy, Ford devra également préciser "comment il envisage des modalités de réindustrialisation du site" pour recréer de l'emploi sur place, un point sur lequel le gouvernement entend demander au constructeur d'améliorer son plan.

Le constructeur américain avait annoncé il y a près d'un an sa volonté de se désengager de l'usine de boîtes de vitesses implantée en 1972. Il avait refusé en décembre une offre de reprise de la société franco-belge basée à Strasbourg, Punch-Powerglide, appuyée par l'Etat et les syndicats, offre permettant de conserver environ 400 emplois.

Pour Philippe Poutou, délégué CGT de Ford, "c'est une bonne nouvelle, ça va obliger Ford à revoir sa copie et à étudier plus sérieusement le projet de reprise par Punch défendu par les salariés". "Cela nous donne quelques semaines de plus pour renforcer les chances de sauver l'usine", a-t-il ajouté à l'AFP.