"Ce matin, Ford a confirmé à ses salariés ne pas accepter la dernière proposition du repreneur potentiel et rester concentré sur l'approbation du plan social", a déclaré un porte-parole de l'entreprise à l'AFP. Il a affirmé que, pour le constructeur américain, ce plan reste le choix "permettant aux salariés d'avoir le plus de visibilité sur leurs options à venir".

La fermeture prochaine de l'usine Ford de Blanquefort semble désormais très probable.

Le délégué interministériel aux restructurations d'entreprises Jean-Pierre Floris avait déjà annoncé vendredi ce choix de Ford aux syndicats de l'entreprise qui en avaient informé les médias. Mais, ni l'entreprise, ni Bercy, qui s'est beaucoup impliqué dans ce dossier, ne l'avaient confirmé jusqu'ici.

"Si cette décision de Ford devait être confirmée, nous exigerions de l'entreprise qu'elle prenne toute ses responsabilités sociales et financières vis-à-vis de ses salariés et du site industriel", avait simplement déclaré un responsable au ministère des Finances, laissant entendre que le gouvernement se résignait à voir fermer l'usine.

Selon une source proche du dossier, une réunion prévue lundi en fin d'après-midi à Bercy devrait être l'occasion d'entériner cette fermeture, en l'absence de repreneur solide et faute d'accord de Ford pour une solution alternative.

L'administration ayant rejeté fin janvier le plan social de Ford, le gouvernement avait profité du répit pour faire pression sur tous les acteurs afin de trouver une solution

La nouvelle offre de reprise de Punch Powerglide, jamais détaillée, avait été annoncée triomphalement par Bercy la semaine dernière. Ford avait déjà rejeté une première proposition à la mi-décembre en expliquant qu'elle ne lui paraissait pas assez solide, et affirmant qu'un plan social serait plus avantageux pour les salariés.

De fait, même les syndicats se montraient "inquiets" face à l'offre de Punch qui maintenait en gros la moitié des emplois, mais n'était pas accompagnée de lettres d'intention de clients, faisant redouter un carnet de commandes insuffisant pour faire tourner cette usine de boîtes de vitesse.

Après le rejet de la première proposition de reprise, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait eu des mots très durs contre Ford, qualifiant sa décision de "trahison", puis n'écartant pas une nationalisation provisoire du site. Cette option ne semblait plus sur la table lundi.