Ford s'en était déjà ouvert, c'est désormais officiel : 2019 sera l'année de la restructuration pour le constructeur américain, passablement agacé de perdre de l'argent en Europe de manière récurrente. Ford a publié un long communiqué détaillant sa stratégie pour les mois à venir, mais n'a pas indiqué expressément les conséquences qu'auraient ces mesures sur l'emploi.

Première mesure, déjà entrevue depuis plusieurs années, la fermeture définitive de l'usine de boites de vitesses de Blanquefort (33). Malgré l'offre d'un repreneur, malgré les coups de menton du ministre de l'Economie ou des pouvoirs publics locaux, rien n'y fait. Ford veut fermer. L'ex-candidat à la présidentielle et salarié du site Philippe Poutou dénonce cet état de fait, au point de demander "officiellement à être reçu par le nouvel ambassadeur de Ford Teddy Riner". Une réunion entre les représentants des salariés de Blanquefort et le ministère de l'Economie a eu lieu le 9 janvier afin de trouver une solution à un dossier qui apparait de plus en plus comme déjà ficelé.

Autre mesure annoncée par Ford, la fin de production des C-Max et Grand C-Max, sise à Saarlouis en Allemagne. Ce site industriel, situé à un jet de pierre de la France, emploie aujourd'hui 6300 personnes selon le Républicain Lorrain. Avec la fin du monospace, 1600 postes devraient être supprimés, toujours d'après la même source. Cette annonce avait déjà été effectuée auprès du personnel en décembre 2018.

Les véhicules commerciaux, pourtant décrits comme "déjà hautement rentables" par Ford, vont aussi connaître une évolution en matière de stratégie. Ford est aujourd'hui quasiment le seul constructeur à ne pas partager ses plateformes de VU avec d'autres constructeurs. Cela devrait devenir le cas demain, via un partenariat avec Volkswagen.

La marque compte aussi revoir sa coentreprise russe, Ford Sollers. La marque n'en a pas dit beaucoup plus, si ce n'est que "plusieurs options de restructuration sont actuellement examinées" avec le partenaire russe.

La politique commerciale sera en outre revue et corrigée, à l'image de ce que Ford USA avait déjà annoncé pour son marché domestique. Ford veut se concentrer sur les silhouettes les plus rentables et veut une version électrifiée pour chaque modèle. Les voitures importées directement des Etats-Unis prendront vraisemblablement un peu plus de place (Mustang, Edge...) avec la promesse de l'arrivée d'un nouveau SUV pour le mois d'avril 2019.

Ford emploie à ce jour 53 000 personnes en Europe.