Cet immeuble de style Beaux-Arts avait été ouvert en 1913 en plein centre-ville et abandonné depuis une trentaine d'années.
En difficulté, Ford joue son avenir sur la transformation de la vieille gare de Détroit, en centre "high-tech" dont il veut faire un temple des technologies électriques et autonomes.


"Nous faisons un gros pari sur notre avenir", affirme Bill Ford, arrière-petit-fils du fondateur du groupe devant cet immeuble de style Beaux-Arts, ouvert en 1913 en plein centre-ville et abandonné depuis une trentaine d'années.


A l'image de cette gare, Ford traverse une période creuse même si son pickup F-150 est le véhicule le plus vendu aux Etats-Unis.

La marque à l'ovale bleu est à la traîne dans le développement de la voiture autonome et ne dispose d'aucun véhicule tout-électrique sur les routes. En Bourse, l'action a perdu plus de 5% depuis janvier, alors que le titre GM a gagné plus de 2% et Fiat Chrysler 14%.

Ford à la traîne derrière GM et FCA


Le constructeur veut rattraper son retard en transformant la vieille gare en centre d'innovations où vont se côtoyer ses chercheurs et ingénieurs ainsi que des start-ups technologiques avec lesquelles il nouerait des partenariats stratégiques.

"Nous voulons les meilleures start-ups, les meilleurs talents, des penseurs, des ingénieurs, des gens qui voient les choses différemment pour se joindre à nous", souligne Bill Ford, précisant que ce centre "high-tech" sera opérationnel d'ici quatre ans.

Le raisonnement est le suivant: en déménageant ses divisions chargées de l'innovation de la banlieue (Dearborn) vers le coeur de Detroit, Ford pourrait attirer les "Millennials" (17-35 ans), férus de technologies.

Un déficit d'image


La tâche s'annonce herculéenne car à l'instar des groupes automobiles classiques, Ford souffre d'un déficit d'image auprès de cette population dont les premiers choix sont souvent les géants technologiques ou encore Tesla, le constructeur de véhicules électriques haut de gamme.

Le projet de la gare de Détroit est une question de survie pour Ford qui, malgré l'ouverture d'une antenne dans la Silicon Valley, demeure derrière les deux autres membres du "Big Three" --General Motors et Fiat Chrysler-- dans le développement de la voiture autonome, objectif de tous les grands constructeurs automobiles et des géants de la technologie (Google, Uber, Intel, Apple...).

Contrairement à ses rivaux, le deuxième groupe automobile américain n'a pas été assez réactif, selon les experts, à l'explosion des services de mobilité dont l'autopartage, qui séduisent les habitants des grandes agglomérations.