Geely va bien, les chiffres dévoilés par le groupe Chinois sont sans appel : 766 630 voitures vendues en 6 mois (+44%), 838, 2 millions d'euros de bénéfice net (+54%), soit des résultats qui ont dépassé non seulement les prévisions des experts, mais aussi les attentes des dirigeants de Geely eux-mêmes.

Geely se satisfait de ce bon premier semestre dans le bilan dévoilé, et ne boude pas non plus son plaisir lorsqu'il s'agit d'évoquer Lynk and Co. Cette marque, dernière née de la planète Geely, est en réalité une co-entreprise partagée par Volvo et Geely. Basée en Suède, Lynk & Co est aujourd'hui co-dirigée par un belge francophone de grande expérience : Alain Visser, autrefois directeur du marketing d'Opel et plus récemment directeur du marketing de Volvo.

Les produits de Lynk & Co, basés sur des plateformes Volvo et produits dans les mêmes usines, arriveront en Europe à compter de 2020 selon M. Visser. Mais en attendant, le SUV "01" est déjà distribué en Chine : 46 252 unités vendues au premier semestre, un volume "qui a dépassé les attentes" du management de l'entreprise selon Geely, tandis qu'un profit substantiel a même été réalisé... alors qu'il s'agit des six premiers mois de la marque !

Autant dire que l'appétit s'aiguise chez Geely. Les "02" et "03" seront présentés dans le courant de l'année, le "01" hybride rechargeable sera proposée dans l'année en Chine.
Geely attribue ce succès à un bon positionnement marketing de la marque (Lynk & Co ferait partie de l'univers du premium), mais aussi aux 130 points de vente disséminés sur le territoire chinois puisque "les consommateurs préfèrent encore des points de vente physiques avec des services" d'après Geely.

Or, Lynk & Co entend pénétrer l'Europe sans le moindre point de vente ! : "Nous voulons attirer une nouvelle génération qui ne serait peut-être même pas intéressée par la possession d'une voiture, mais qui peut envisager un abonnement. Nous allons faire quelque chose de radicalement différent. Un modèle qui n'est pas basé sur la voiture, mais sur la mobilité. Un modèle sans concessionnaires mais avec des ventes en ligne, des pop-up stores, des choix simples et une livraison à domicile. Une sorte de Netflix ou de Spotify de l'industrie automobile" a ainsi fait savoir M. Visser à la presse suédoise le 16 août dernier.
Le vice-président de Lynk & Co ajoute que les premiers modèles chinois sortiront de l'usine de Gand (Belgique) "fin 2019", pour des réservations et des livraisons qui démarreront début 2020. Le lancement de la marque s'effectuera par une tournée européenne qui ira "de ville en ville" d'après M. Visser, à commencer par Amsterdam (Pays-Bas).

L'absence de réseau pourrait dérouter les consommateurs européens, mais là n'est sans doute pas le seul écueil que pourrait connaitre Lynk & Co. Une étude, réalisée auprès de 1565 consommateurs américains en juillet dernier par la société Autolist, livre quelques données intéressantes : 35% des répondants n'envisageraient pas d'acheter une voiture chinoise, 37% sont partagés sur le sujet. La même question posée à des Européens connaîtrait-elle une réponse différente ?