Si PSA n’a jamais pesé lourd sur le marché chinois, inutile de refaire la longue histoire d’une situation évitable, ses performances se sont littéralement effondrées sur le premier marché mondial depuis trois ans. Carlos Tavares, président directeur général du groupe, ne cherche pas à esquiver la question : « Comme d’autres, nous plongeons, surtout maintenant que le marché connaît sa première contraction après des années de forte croissance. Nous n’arrivons pas au bon alignement des planètes sur ce marché : image et valorisation des marques défaillantes, réseau pas au niveau, etc. En outre, nous pâtissons des chaînes de prise de décision très lentes dans les JV, pas adaptées aux règles de la concurrence ». Pour redresser le cap, Carlos Tavares s’en remet pour l’instant à Carlos Gomes, qui avait d’ailleurs été envoyé en Chine pour cela après avoir obtenu de très bons résultats dans un contexte dégradé en Amérique du Sud : « Les résultats sont insuffisants, mais il faut savoir être patient dans certains cas. Carlos Gomes a déjà procédé au changement des directeurs de JV et il est manifeste que le volet RH est capital dans ce dossier, sur le plan des compétences disponibles comme de l’organisation et du management ». Prudent, le dirigeant n’a pas voulu donner de date butoir pour un redressement ou d’objectifs chiffrés de performances.

Le retour aux USA pourrait rimer avec un partenariat avec FCA, GM ou JLR

Il a en revanche confirmé que le retour sur le marché américain s’opérerait par le biais des capacités de production en Chine et en Europe, au gré des barrières douanières. « Nous n’avons pas nécessairement besoin d’une usine locale ou d’un réseau de distribution pris dans son acception classique. Les ventes en ligne sont une solution intéressante, surtout que nous n’avons pas besoin de couvrir tout le pays », lance-t-il, avant de préciser qu’avec les ingénieurs d’Opel, souvent pétris de la culture de GM, l’appréhension des goûts et des demandes des clients américains est assurée au sein du groupe. Par ailleurs, un partenariat avec FCA (Jeep), voire GM ou Jaguar Land Rover, n’est pas balayé d’un revers de la main et cette piste reste donc valable. Le choix de la marque Peugeot est validé car c’est la marque la plus connue outre-Atlantique, qui bénéficie d’une image neutre, voire positive. Toujours est-il que le chemin sera long, les premiers fruits de cette stratégie étant attendus d’ici quatre à cinq ans, et Carlos Tavares indiquant planter des graines qui pousseront dans le long terme.

Step by step en Inde

La patience est aussi de mise en Inde où le groupe va essayer de s’implanter : « Nous commençons « petit », en misant sur la fraîcheur et l’humanisme de la marque Citroën ». L’investissement initial se veut frugal, une petite usine, « achetée pour une bouchée de pain », dotée d’une modeste capacité de production. Pour ne pas prendre de risque financier, le groupe doit accepter de croître très progressivement. « N’oublions pas que le groupe était au bord de la faillite il y a cinq ans. Mais nous avons repris Opel avec un amortissement très rapide et nous devons essayer de nous internationaliser, car PSA doit être global à l’avenir », indique Carlos Tavares, avant de conclure : « Nous avons des ressources limitées, mais nous savons composer avec cela pour conserver la maîtrise du financement de notre avenir. Surtout que nous sommes parmi les meilleurs dans la rapidité d’exécution des projets et dans le travail collectif ».