Chez Renault, l’ère Carlos Ghosn est officiellement terminée. Le PDG du constructeur automobile français, incarcéré au Japon depuis plus de deux mois, a démissionné jeudi 24 janvier 2019 selon le ministre français des Finances, Bruno Le Maire. Philippe Lagayette (administrateur référent) a reçu la lettre de démission de Carlos Ghosn.

Une réunion du conseil d'administration de Renault s'est tenue ce même jeudi à Boulogne-Billancourt, près de Paris. Un tandem composé de Thierry Bolloré, adjoint et dauphin désigné de Carlos Ghosn, et de Jean-Dominique Senard, patron de Michelin, y a été intronisé officiellement à la tête du constructeur automobile dans un contexte riche en défis. Les deux hommes se partageront ainsi les fonctions de président et de directeur général : au sein de la nouvelle direction, Thierry Bolloré, 55 ans, est donc chargé de la direction générale, tandis que Jean-Dominique Senard, patron de Michelin qui fêtera ses 66 ans en mars, de la présidence du conseil d'administration.

"Un excellent président"

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a apporté le soutien du gouvernement à la candidature de Jean-Dominique Senard, patron de Michelin, à la tête de Renault, en assurant qu'il "fera un excellent président si le conseil d'administration décide de le nommer".

"Le rôle du président de Renault sera, selon l'Etat actionnaire, de s'assurer du renforcement de l'alliance entre Renault et Nissan, ce qui est absolument stratégique", a-t-il expliqué. "Le directeur général de Renault a, lui, vocation de s'occuper du bon fonctionnement de Renault au jour le jour", a-t-il souligné.

Rappelons que le "cost-killer" est visé par trois inculpations, pour abus de confiance et minoration de ses revenus aux autorités boursières entre 2010 et 2018 au titre de ses fonctions chez Nissan. Son procès, à l'issue duquel il risque jusqu'à 15 ans de prison, n'aura pas lieu avant des mois.

Ghosn lègue une entreprise en bonne santé

Jean-Dominique Senard qui jouit d'une image de patron social, a les faveurs du gouvernement français alors que l'Etat est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et quelque 22% des droits de vote. Quant à Thierry Bolloré, il assurait l'intérim depuis fin novembre 2018, et représente la continuité au sein du groupe qu'il a rejoint en 2012, en provenance de l'équipementier Faurecia. Il est fin connaisseur de l'Asie et du Japon, un vrai plus à l'heure où les rapports futurs entre Nissan et Renault interrogent jusqu'en interne.

Carlos Ghosn lègue une entreprise en bonne santé financière, dont il aura augmenté le volume des ventes mondiales de plus de 50% à près de 4 millions de véhicules (hors Nissan et Mitsubishi), en développant notamment le créneau du low-cost avec les marques Dacia et Lada.