Dans quels départements les Français roulent-ils le plus ? Pour répondre à cette question, le Groupe Argus a mobilisé ses données, issues de l’analyse des transactions de véhicules d’occasion entre professionnels et particuliers. En effet, grâce à ses outils de gestion utilisés par la majorité des professionnels du négoce automobile français, L’argus est en mesure d’observer environ deux tiers de ces transactions et d’analyser toutes les informations relatives aux véhicules échangés, qui constituent un échantillon représentatif du parc automobile hexagonal.

Ainsi, l’analyse du kilométrage de 3,13 millions de véhicules âgés de 1 à 6 ans (2.500.000 diesels et 630.000 essence) a permis de mesurer une moyenne annuelle de 17.831km, avec un écart significatif entre essence et diesel : 18.220km par an pour les moteurs alimentés au gasoil, 11.033 pour leurs homologues au sans-plomb.

Grand Paris : l’exception Seine-Saint-Denis

Néanmoins, ce sont les écarts régionaux qui mérite une analyse approfondie, avec des kilométrages annuels qui peuvent varier du simple au double, selon le département pris en considération. Evidemment, on ne s’étonnera guère de trouver la ville de Paris et sa petite couronne parmi les départements où les Français parcourent les plus petites distances : seulement 13.448km/an pour le 75, à peine davantage pour les Hauts-de-Seine (92), le Val-de-Marne (92) et les Yvelines (78). En Ile-de-France, seule la Seine-Saint-Denis se distingue, avec un kilométrage annuel moyen de 17.076 km, expliqué par des facteurs multiples : une desserte en transports en commun moins favorable que dans le 92 ou le 94, les 80.000 emplois de la plate-forme aéroportuaire de Roissy, fréquemment en horaires décalés, imposant l’usage de la voiture individuelle, ou encore l’omniprésence dans ce département de sociétés de transport et de logistique, dont les véhicules parcourent forcément des distances longues.

C’est toutefois dans les départements de Corse que les kilométrages annuels moyens sont les plus faibles, avec seulement 12.781 km mesurés par L’argus. La faute à l’insularité de la région qui limite la longueur des déplacements, et sa topographie particulière avec des routes de montagnes peu propices à la vitesse. Une caractéristique partagée avec les Alpes-Maritimes (06), où seulement 12.980 km sont parcourus annuellement, mais aussi avec d’autres départements montagneux : Alpes de Haute-Provence (04), Hautes-Alpes (05), Savoie (73), ou encore Haute-Savoie (74) figurent tous en queue de notre classement.

Grand Ouest et Alsace-Lorraine : mêmes tendances, explications différentes

A l’autre bout du classement, ce sont les Bretons du Finistère (29) qui dévorent le plus de kilomètres, avec 20.501 km annuels. Un fort kilométrage partagé par de nombreux départements de la région Bretagne, et du Grand Ouest en général (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Vendée, et jusqu'à la Charente ou au Lot-et-Garonne). Ici encore, les explications sont nombreuses, et peuvent tenir relever aussi bien du caractère relativement rural de la Bretagne, avec une tradition d’habitat dispersé, ou encore de l'indigence du réseau ferroviaire en-dehors des grandes radiales orientées vers Paris.

Parmi les autres explications possibles figure le réseau breton de voies express gratuites , garantissant des trajets automobiles compétitifs en termes de temps et de coût. C’est d’ailleurs une caractéristique partagée, à l’autre bout de la France, par les 4 départements du Nord-Est qui enregistrent eux aussi de forts kilométrages annuels : Bas-Rhin, Moselle, Meurthe-et-Moselle, Vosges. Quatre territoires desservis par deux axes Nord-Sud gratuits dotés d’au moins quatre voies : les autoroutes A31 du sillon mosellan et l’A35 de la Plaine d’Alsace, ainsi que la route Nationale 4 dans un axe Est-Ouest. 

Toutefois, Bas-Rhin et Moselle partagent une autre caractéristique : la présence de nombreux travailleurs frontaliers, ayant recours majoritairement à l’automobile individuelle pour se rendre quotidiennement en Allemagne et au Luxembourg. Un positionnement frontalier qui concerne aussi le Jura, les Ardennes et l’Ariège, limitrophes respectivement de la Suisse, la Belgique et l’Espagne/Andorre. De quoi expliquer, au moins en partie, les forts kilométrages enregistrés dans ces départements.