Paris fait tâche d'huile ! A l'image de ce qui est déjà en oeuvre dans la capitale, la métropole du Grand Paris a voté un projet d'interdiction de circulation des véhicules les plus polluants : "Le conseil métropolitain adopte le projet de mise en place d'une zone à faibles émissions à l'intérieur de l'A86 à compter du 1er juillet 2019 pour les véhicules classés Crit'air 5 et non classés" annonce laconiquement la métropole, sans livrer aucun détail.

Mais des détails, il y en a eu au cours du débat fort nourri qui a eu lieu avant le vote du 12 novembre. Ce sont en effet 79 communes qui sont concernées par ce projet, et donc, des centaines de milliers de citoyens.

Certains maires ont dévoilé une position très pragmatique : "A Chevilly-Larue, la commune dont je suis maire (94), les Crit'air 5, ce sont 2462 propriétaires de véhicules, soit 12% du parc. Je vais devoir leur expliquer dès demain qu'il vont devoir acheter un véhicule électrique" a par exemple déclaré Stéphanie Daumin, "ne leur mettons pas le couteau sous la gorge, c'est le meilleur moyen de fabriquer des ennemis de l'écologie (...) Offrons la carotte avant le bâton !"
Son homologue Philippe Juvin, maire de la Garenne-Colombe (92), n'a pas été en reste : "Imposer d'ici le mois de juillet à des citoyens de changer de voiture, et à 48% des artisans de changer leur utilitaire ? On est dans la précipitation, ce qui fait que la mesure ne sera pas acceptée par les citoyens" a t-il indiqué à l'hémicycle de la métropole.
De ce fait, des maires, comme celui d'Asnières-sur-Seine (92) par exemple, ont déjà prévenu : "Certains, dont je suis, ne signeront pas l'arrêté si nous n'obtenons pas satisfaction" a prévenu Maurice Aeschliman, qui veut un engagement clair de l'Etat dans les mesures d'accompagnement aux citoyens visés.

Le président de la métropole du Grand Paris a semble-t-il entendu le message. Sans doute est-ce pour cela que le projet prévoit que ce seront les maires des communes concernées qui seront libres de signer ou pas l'arrêté d'interdiction de circulation. Mais Patrick Ollier n'a pas souhaité reporter la mise en application prévue d'ici 9 mois à peine : "Je veux bien que l'on attende 5 ans de plus, mais 5 ans, ce sont 30 000 morts en plus (...) Si nous constatons que nous n'avons pas les moyens de franchir le cap, nous pourrons toujours voter pour suspendre notre délibération" a t-il fait savoir pour rassurer ses collègues maires d'Île-de-France.