Le xénon devrait disparaître, l’halogène tire les ventes et les LED sont l’avenir. Voici la photo actuelle du business de Lumileds et de sa marque Philips. L’un des leaders de l’éclairage mondial reste sensiblement au fait de l’évolution du parc automobile : le marché mondial tend vers une croissance à 2 à 3% et celle de l’éclairage en première monte enregistrerait la même évolution. Tout comme la rechange.

Bye xénon

Dans ce méli-mélo de marchés, Philips (Lumileds) sait tirer partie de ses différents produits et sait accompagner les besoins actuels et ceux qui feront les affaires de demain. Dans un premier temps, Steven Zimmer, vice-président global aftermarket sales de Lumileds, pense que le xénon n’en a plus pour longtemps car il aurait connu « ces deux dernières années ses pics de croissance. Il devrait même disparaître en premier équipement à court terme ». Pour lui, même si en après-vente il a encore des chances de poursuivre une croissance jusqu’à dix ans, le xénon est une technologie d’hier et dépassée. Il rappelle qu’en France sa part d’équipement s’enregistre à 2% quand c’est à peine 10% au niveau mondial. Au bout de trente ans d’existence le xénon laisse donc peu à peu sa place à l’halogène et surtout aux LED.

Halogène et LED, le présent et l'avenir

Lumileds (Philips) joue sur les deux tableaux, juxtaposant parfaitement le traditionnel et l’innovation. Sans être très généreux sur la teneur de ses résultats, le groupe néerlandais croit toujours en l’halogène (qui a plus de 100 ans) puisque ces ampoules marquent le pas avec 80% des volumes en aftermarket. Selon le groupe, on tablerait même sur une tendance de croissance à +2,5% en Europe et jusqu’à 6% en Asie. A noter que Lumileds s’est renforcé d’un catalogue de neuf gammes dans l’halogène dédié aux véhicules légers.

Mais l’enjeu se tourne davantage sur les feux à LED. L’équipementier mise aussi énormément sur cette technologie d’éclairage aux diodes électroluminescentes pour les marchés de la rechange (déjà très présente en première monte). Selon lui, elle pourrait conquérir tous les segments et pas qu’en équipement de véhicules haut de gamme. Pour l’instant, le taux d’équipement en feux avant LED atteint seulement 2% en France, d’après Steven Zimmer. Rappelons que le parc roulant a vieilli à plus de neuf ans. Le problème est que, certes la durée de vie des LED est inédite, mais elles sont difficilement remplaçables (changement d’optique complet). Sur ce point, les choses sont d’ailleurs en train de changer notamment du côté de certains constructeurs qui commandent des kits démontables entre autres.

Et le retrofit ?

« Les LED remplaceront forcément l’halogène mais ça prendra beaucoup de temps », ajoute le dirigeant qui a constaté la progression de la demande en LED en rechange automobile. Un dernier élément a été évoqué par Lumileds (Philips) : le LED retrofit. Même si les produits ne sont pas réglementés sur les routes ouvertes, le groupe a complété son catalogue de ces lampes du nom de Ultinon et X-treme Ultinon, qui garantissent une meilleure visibilité et donc une sécurité améliorée. « Nous demandons un cadre réglementaire pour définir les normes de qualité et d’utilisation et mettre fin aux alternatives exotiques et surtout illégales. Il en va de la garantie de la sécurité routière », conclut Jacques Le Berre, directeur stratégie marketing APV chez Lumileds (Philips).