Attention, contestation ! Tandis que le gouvernement tente de désamorcer le mouvement des "gilets jaunes", ces automobilistes en colère qui veulent bloquer le pays le 17 novembre prochain, la commission des finances du Sénat a planché sur le projet de loi de finances 2019. Elle a étudié, entre autres, la hausse de rendement de la Taxe intérieure de consommation des produits énergétiques, la TICPE.

Selon un document signé d'Albéric de Montgolfier, le président de la commission des finances, la TICPE "brute d'Etat" devrait permettre de récolter 17 milliards d'euros en 2019. Une somme à comparer aux 13,3 milliards d'euros attendus pour cette année, ce qui représente une augmentation du rendement de 28%. Entre 2017 et 2019, la TICPE aura vu son rendement progresser de 53,1%, toujours d'après les documents sénatoriaux.

Depuis 2016 en effet, les prix du gazole et de l'essence sont lancés dans une convergence à marche forcée. Ségolène Royal, alors ministre de l'Ecologie, avait souhaité en effet que cesse l'avantage fiscal octroyé au gazole. De ce fait, chaque année et jusqu'en 2021, le prix du carburant préféré des automobilistes grimpe de 2,6 centimes chaque année. Une hausse à laquelle il faut ajouter d'autres renchérissements, comme la "composante carbone" du produit par exemple.

Le Sénat a calculé le rendement lié à la seule convergence essence / gazole : 900 millions d'euros de recettes pour 2018, 1,8 milliard en 2019, 2,6 milliards en 2020, etc : "Sur les 37 milliards d'euros de recettes attendues au titre de la TICPE (ndlr en 2019 et toutes affectations confondues), et malgré une hausse de près de 4 milliards d'euros en un an, seuls 7,2 milliards d'euros sont affectés, comme en 2018, au compte d'affectation spéciale transition énergétique" observe ainsi la commission des finances. Une commission qui livre une simulation tout à fait parlante : "Pour un ménage se chauffant au fioul domestique utilisant une voiture diesel et roulant beaucoup, l'impact des hausses de fiscalité écologique s'élèverait à environ 136€ en 2018 et 538€ en 2022."

Réuni autour du Premier ministre le lundi 12 novembre, le gouvernement devrait annoncer des mesures de soutien aux automobilistes qui souffrent le plus des hausses à la pompe. Il ne devrait pas y avoir de hausse du chèque carburant, mais plutôt un passage de 150 à 200€ du chèque énergie déjà accessible aujourd'hui. D'autres médias évoquent aussi un énième renforcement de la prime à la conversion.