L’annonce en décembre 2018 du partenariat entre Omia, fabricant d’équipements dédiés à la réparation collision (notamment les cabines de peinture), et Refitngin, start-up d’ingénierie fondée deux mois plus tôt, avait de quoi laisser perplexe. Du moins d’interroger: quel intérêt pour Omia ? Denis Delrieu, PDG de l’entreprise basée près d’Angoulême, a réaffirmé sa conviction que « les produits de carrosserie-peinture vont beaucoup évoluer dans les années à venir et le potentiel de croissance du marché VO professionnel remettra en cause la structure actuelle des ateliers ». D’où une stratégie de globalisation de l’offre, qui s’appuie sur des partenariats non exclusifs avec des spécialistes d’autres métiers, dont celui conclu avec Refitngin. Le portefeuille actuel de la business unit automobile d’Omia se répartit entre groupes de distribution (60%), constructeurs (20%) et carrossiers indépendants (20%), pour une production annuelle de 230 cabines de peinture pour VL.

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Omia cabine peinture VO occasion
Denis Delrieu, PDG d'Omia
La promesse de Refitngin avec sa « solution de site industriel » adressée aux acteurs du remarketing VO, aux ateliers et aux carrosseries centralisées est plus qu’alléchante sur le papier. Grâce aux bonnes pratiques inspirées du « toyotisme » et une approche transversale de ce que doit être un site industriel de reconditionnement (process, RH, solution IT), la jeune pousse revendique une division par cinq du lead time* par rapport aux concessionnaires. En découle une meilleure rotation financière, une réduction des stocks et un BFR optimisé. Les Frevo seraient quant à eux 30% moins lourds, alors que la productivité des ateliers triplerait. Chute des coûts APV et appréciation de la marge VO s’ajoutent aux bénéfices qu’apporteraient Refitngin sur l’ensemble de l’activité occasion.

2 500 à 3 000 VO annuels

Refitngin Omia VO occasion  Jean-François Brazeau, à gauche, et Yann Brazeau, à droite, fondateurs de RefitnginYann Brazeau, co-fondateur avec son frère Jean-François de Refitngin, ne cache pas son expérience de directeur du premier site de reconditionnement VO d’Aramis Auto. Il en est l’un des concepteurs. Si les derniers chiffres communiqués par le vendeur en ligne de véhicules d’occasion font état de 1 000 VO reconditionnés par mois à Donzère (Drôme), il est légitime de questionner le volume minimum d’entrées pour que la conception d’un site industrialisant le reconditionnement des VO devienne rentable, du moins qu’un tel investissement se justifie. « C’est intéressant à partir de 2 500 à 3 000 VO annuels », répond Yann Brazeau, avant d’ajouter « qu’il existe des solutions adaptées à chacun, même les plus petits ».

Actuellement, au moins huit projets de site industriel sont en cours d’élaboration (les études durent entre 6 et 8 mois), pour différents acteurs : un constructeur, un acteur de l’e-commerce, un expert qualité usine qui souhaite se diversifier et cinq groupes de distribution. Trois livraisons d’usine sont déjà prévues pour l’automne-hiver 2019.

Refitngin compte bien profiter de l’implantation d’Omia sur le marché français, mais aussi international, notamment en Allemagne et en Belgique. Pour Omia, l’intérêt en termes d’image est, selon son PDG, évident. « Nous pensons que notre métier va évoluer vers des solutions plus spécifiques dans l’automobile, avec de nouvelles technologies et des prix spécifiques », explique Denis Delrieu, n’hésitant pas à viser la « haute couture », où Weinmann Technologies tient la corde. Reste aux frères Brazeau de continuer leur évangélisation auprès des acteurs du VO et de l’après-vente, en espérant que leur « solution industrielle » ne constitue pas une usine à gaz organisationnelle et technologique au ROI incertain.

* : temps écoulé entre l’achat ou la reprise d’un VO et sa revente