L'industrie automobile française est censée ne pas être en crise, pourtant. Dans son bulletin trimestriel publié le 30 août, la Direction générale des entreprises (DGE, ministère de l'Economie) a indiqué que pour la deuxième période consécutive, l'industrie automobile française était en baisse : "-1,3% après -2,9% au premier trimestre 2018" dit le bulletin.
De la même manière, et toujours sur le deuxième trimestre, "le solde du secteur automobile se creuse à -3,5 milliards d'euros, en détérioration de 0,9 milliard".
Des baisses qui sont divulguées quelques jours à peine après la publication du "Bulletin de l'industrie manufacturière en 2017", qui précisait que l'an passé, la production automobile française avait progressé de 6,8% en volume : "La production a augmenté pour la 4e année consécutive" soulignait même la DGE...

Incident de parcours ou retour à la crise, il faudra attendre des mois encore avant de tirer des conclusions sur la cadence des usines situées en France. Tout juste est-il possible d'observer la balance des importations et des exportations. Avec 763 931 VP et VU exportés au premier semestre, la balance paraît toujours aussi déséquilibrée, puisque 1 105 912 véhicules ont été importés sur la même période. Rapportés aux ventes, ces chiffres signifient que 77,3 % des engins neufs vendus au premier semestre ne sont pas sortis d'une usine française.

La soupe à la grimace en matière de production automobile n'est toutefois pas uniquement une spécialité française. La société des constructeurs britanniques SMMT a divulgué ses résultats le même jour : 955 453 véhicules fabriqués de l'autre côté de la Manche sur les 7 premiers mois de l'année, -4,4%. Le directeur de la SMMT ne veut pas se montrer alarmiste, mais rappelle pour la énième fois que l'industrie de son pays a besoin "de clarté politique et économique" pour avancer au moment où les conditions du Brexit sont discutées.

L'Allemagne est sur la même ligne : "Sur les sept premiers mois de l'année, 3,2 millions de voitures personnelles ont été construites, -3%" a fait savoir VDA, l'association qui regroupe les constructeurs allemands, avant de préciser que les exportations ont reculé de 2% sur la même période.

Compte-tenu du fait que les ventes de VN sont en hausse dans la plupart des nations européennes, ces baisses de cadence de trois des principaux pays producteurs profitent sans doute à d'autres. L'Espagne a par exemple observé une croissance de 4,2% de ces volumes de VN fabriqués au premier semestre...