Pas question d'annoncer des ambitions chiffrées précises. Christophe Bergerand, le directeur commercial de Peugeot pour la France, se veut prudent. Mais le renfort de deux nouveaux modèles sur le segment M1 où les marges sont encore correctes et le lancement d'une voiture anticrise, la 206 +, devraient permettre à la marque de maintenir, sinon d'améliorer, ses positions dans l'Hexagone, cette année et l'année prochaine.

 

L'argus. Pourquoi le haut niveau de vos prises de commandes de janvier et de février tarde-t-il à se traduire dans vos chiffres d'immatriculations ?

Christophe Bergerand. Nos immatriculations montrent qu'au cumul nous chutons plus que le marché global, mais, si nous prenons en compte le seul marché des clients particuliers, nous progressons. Sur le marché des VU nous gagnons plus d'un point par rapport à l'année dernière. Je suis très confiant.

Le marché reste très orienté sur les petites voitures : environ 60 % des commandes de 107 et 40 % de celles de 207 sont liés à la prime à la casse. Le mix s'est dégradé, mais cette mesure a finalement un impact positif sur le chiffre d'affaires global par rapport à ce que nous aurions fait sans cette disposition complémentaire.

 

Depuis l'instauration de la prime à la casse en décembre, le bonus écologique a-t-il encore un effet ?

Oui, car le poids des voitures vendues avec bonus et en zone neutre continue de grimper. Nous avons désormais plus de 50 % des voitures avec bonus, contre 45 % au départ. La zone 160 g et plus ne pèse plus que 10 % du marché. Ce glissement est lié à l'offre que nous sommes amenés à faire au fur à mesure de la vie des produits. Nous nous préparons pour 2010 avec la descente prévue de 5 g supplémentaires et travaillons sur nos modèles actuels pour passer les nouveaux seuils. Il ne s'agit pas d'un phénomène franco-français, c'est pourquoi nous devons avoir une vision globale sur le sujet.

 

 

Dans quelle mesure, accompagnez-vous ces aides d'État ?

Nous n'avons fait que nous adapter aux offres du marché. Or, depuis le début, celles des compétiteurs ont été assez agressives. La prime à la casse ne nous a donc pas libérés de nos efforts commerciaux. C'est pourquoi, aujourd'hui, nous vendons les voitures un peu moins chères qu'il y a un an.

 

Cela veut-il dire que vos coûts de distribution ont augmenté ?

Globalement, oui. Les investissements liés à la promotion de nos véhicules et à l'offre commerciale sont plus élevés qu'il y a un an. Mais il faut relativiser. A la même époque, le marché était dopé par le démarrage de l'écopastille, et nous lancions la 308 dont les prix sont dans le marché. En outre, la 207 a un an de plus et se trouve dans des conditions commerciales un peu plus agressives.

 

Vous allez lancer deux nouveaux modèles, le crossover 3008, puis un monospace. Quel sera leur rôle ? Qu'en attendez-vous ?

Le 3008, qui sera lancé à la fin d'avril ou au début de mai, est le « Crossover by Peugeot » qui vient sur un marché occupé par le Volkswagen Tiguan ou le Nissan Qasqai.

Comme nous l'avons expliqué à notre réseau réuni en convention le 17 mars, il prépare l'arrivée d'un monospace classique et plus fonctionnel qui sera présenté à Francfort et qui sera commercialisé en fin d'année.

 

Avec ces deux véhicules, nous rentrerons ainsi sur un marché où nous n'avions pas d'offre. Notre couverture du marché passera de 75 % à 90 %. Nous toucherons des propriétaires de monospace, de break ou de SW. Nous améliorerons notre mix tout en faisant de la conquête et en engendrant des volumes supplémentaires. Ces deux modèles vont poursuivre le bond en qualité que nous avons réalisé avec la 207 puis avec la 308.