A l’occasion de la présentation des résultats annuels 2018 de Michelin, Jean-Dominique Senard, président du groupe, a répondu à plusieurs questions sur des sujets variés. Spicilège.


A propos du réseau industriel de Michelin dans le monde et des fermetures de sites en Europe :
« Notre empreinte industrielle continue de s’adapter à la globalisation, tout en nous attachant à servir les marchés localement. Ce qui explique nos efforts pour dégager de nouvelles capacités au Mexique, en Chine, au Sri Lanka, en Thaïlande, etc. Si nous ne le faisions pas, les coûts logistiques viendraient annuler les bénéfices de notre croissance. Mais entendons-nous bien, nous continuons à investir beaucoup sur les marchés matures, en Europe et en Amérique du Nord. Mais parfois, cela ne suffit pas et le site de Dundee en est une illustration. Je précise que cette décision n’a rien à voir avec le Brexit. Dans la vie d’un patron, cela fait partie des décisions les plus difficiles à prendre. Et il nous revient de toujours veiller à accompagner au mieux les salariés concernés ».


A propos du programme de réduction des coûts à l’œuvre au sein du groupe :
« Nous tenons nos engagements et nous l’avons encore prouvé en 2018, en dégageant un gain de 317 millions d’euros. Toutefois, l’effet net est beaucoup moins sensible (ndlr : 36 millions d’euros) car nous dépendons de facteurs extérieurs que nous ne maîtrisons pas totalement. Il s’agit de l’inflation, par exemple sur l’énergie ou le fret maritime. Mais nous confirmons notre plan de compétitivité fixé jusqu’en 2020 ».


A propos des leviers de croissance de Michelin :
« Dans le contexte de marché de 2018, le maintien de notre marge opérationnelle est une performance en soi et vient démontrer la solidité financière et structurelle du groupe. Les perspectives de développement de Michelin sont nombreuses et de nature variée. En tant que tel, le groupe a encore un potentiel très important et nos récentes acquisitions recèlent de grandes opportunités de business. Je pense qu’elles sont un peu sous-estimées, mais vous aurez des surprises ».


A propos de ses derniers mois chez Michelin et de la présidence de Renault :
« Ce qui me manquera le plus chez Michelin, c’est la bienveillance des gens, la chaleur humaine que j’ai ressentie sur tous nos sites. Ce ne sont pas des mots en l’air, surtout que cette impression ne s’est jamais démentie durant les quatorze années que j’ai passées dans le groupe. Je suis confiant pour l’avenir de Michelin et je crois que nous avons bien préparé la transition avec Florent Menegaux et les équipes. C’est un passage de témoin en douceur, fluide et dans une atmosphère de pleine confiance.
Par rapport à Renault et à l’Alliance, j’accepte la mission avec détermination, car je sais que l’enjeu est considérable pour Renault comme pour Nissan. Il l’est aussi pour la France et le Japon. Vu que la question m’est posée, je répète que ma rémunération sera modulée en fonction de mon emploi du temps, entre Michelin et Renault. Il n’y aura pas de conflit, surtout que la période qui nous sépare de mai est courte
».