Avant la fin de l’année, STVA qui se positionne actuellement dans le Top 5 européen des logisticiens, aura sans doute fusionné avec la Cat, autre spécialiste de la logistique qui figure au deuxième rang, juste derrière Gefco. Jean-Michel Floret qui préside aux destinées

Jean-Michel Floret, président du directoire de STVA.

de la STVA depuis 2014, revient sur cette opération qui doit permettre à ce nouvel ensemble de devenir leader européen de la logistique.
 

Quelle est la position de la STVA à ce jour et quels sont les résultats prévus pour 2017 ?
Nous connaissons notre 3e année de croissance avec un objectif de chiffre d’affaires de 330 millions d’euros, chiffre que nous avons déjà atteint. Le groupe emploie 2100 salariés et dispose de plus de 600 camions et de 2 600 wagons. Mais en dehors du transport, nous disposons d’une trentaine de plateformes en Europe (en France, Allemagne, Pologne, Roumanie, Grande-Bretagne, Espagne ainsi qu’au Maroc). 28 % de notre chiffre d’affaires sont issus de nos activités sur ces plateformes pour les véhicules neufs ou d’occasion.

Quelle part occupe désormais le véhicule d’occasion dans le résultat du groupe ?
Notre stratégie de diversification, opérée en 2015, a été un véritable relais de croissance et le véhicule d’occasion pèse déjà 25 % de notre chiffre d’affaires. Les équipes de STVA ont eu l’intelligence de comprendre l’intelligence grandissante des acteurs du véhicule d’occasion. Nous avons travaillé à leur contact, construit une offre pour eux et proposé une solution qui englobe tout, y compris les services informatiques. Aujourd’hui, nous industrialisons le process. Et je vois que nous sommes copiés, ce qui veut dire que notre modèle est bon.

Comment évolue votre offre ?

Le rachat de STVA par la Cat doit donner à l'ensemble une place de leader européen de la logistique.


Nous souhaitons être un logisticien automobile du 21e siècle. A côté de notre offre, très industrialisée, nous avons ajouté un métier de détaillant, de précision. Cette offre, baptisée STVA Drive, nous permet de proposer des livraisons à domicile, directement chez le client consommateur. Sur ce produit, nous travaillons avec Lucky Loc et ses jockeys qui prennent en charge la livraison. Mais bien sûr, nous sommes à l’écoute de toutes les évolutions de consommation automobile de demain. Le car sharing, les pools de voitures autonomes pourraient s’ajouter à notre portefeuille de services. Notre grande force repose sur notre réseau de plateformes en France et en Europe.

STVA, historiquement est une filiale de la SNCF, pourquoi avoir décidé de s’associer à autre groupe et d’être entré en négociations exclusives avec la Cat ?
Nous appartenons, aujourd’hui encore, et tant que l’autorité de la concurrence n’a pas apporté son feu vert, à la SNCF. Au sein de ce géant, qui génère 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans la logistique, nous ne pesons pas beaucoup et surtout l’automobile est un segment de niche. De plus, le ferroviaire représente une part minoritaire de notre activité sans synergie avec le reste du groupe SNCF. Il était plus simple de rechercher un partenaire qui connaisse les enjeux et puisse nous accompagner dans notre développement. Nous souhaitions un partenaire qui partage notre vision du marché et nos valeurs : la Cat s’est imposée. Cette société, numéro 2 du top 5 des logisticiens en Europe, réalise plus d’un milliard de chiffre d’affaires dans l’automobile. La synergie est quasi parfaite. Et nous n’avons pas observé de doublons sur nos activités.

Comment évolue la logistique en Europe ?
Je pense que nous sommes en train de vivre une véritable révolution de la distribution des véhicules en Europe. Un mouvement de concentration sans précédent des distributeurs s’opère, le canal de vente par internet se développe en force… Nous nous devons d’être à l’écoute de ce marché et de ses acteurs, qu’ils soient constructeurs, distributeurs ou marchands de véhicules d’occasion. Il faut bien comprendre que sans logistique, l’économie meurt. On néglige souvent la logistique or, elle se trouve au cœur de l’économie et le sera de plus en plus.