D ans une interview à paraître jeudi dans l’édition professionnel papier de L’argus, Félix Bräutigam considère que l’éventuelle de Porsche avec Volkswagen n’aura pas de conséquence pour la distribution de la marque.

 

« Les discussions en cours ne remettent pas en cause la stratégie de Porsche qui veut travailler de manière plus étroite avec le groupe Volkswagen. Chacun des deux constructeurs devra bénéficier des compétences spécifiques de l’autre. Des synergies pourront être développées, notamment dans la recherche en matière de sécurité, d’écologie, etc… Au niveau industriel, Porsche pourrait s’appuyer sur les usines du groupe Volkswagen comme c’est déjà le cas pour le Cayenne et la Panamera.  Avec six millions de voitures produites par Volkswagen, nous obtenons une puissance d’achat que nous n’avons pas avec 100 000 Porsche. Mais il n’y aura pas beaucoup de synergies du côté des ventes car au niveau commercial et marketing, les marques restent indépendantes ».

 

 De 1998 à 2007, Porsche a connu en France une croissance ininterrompue, passant de 619 à 2 865 ventes par an. Cette progression s’est arrêtée l’année dernière, la marque s’effondrant de 43%. La crise est passée par là. Mais ce n’est pas la seule explication. Selon Félix Bräutigam, directeur général de la filiale française, « avant même la crise, la baisse de 2008 était prévue du fait du cycle produit».   Selon Félix Bräutigam, le recul des ventes de Porsche n’est que conjoncturel. «Notre pénétration a progressé sur les segments où nous sommes présents. Nos clients apprécient nos efforts pour réduire les émissions de C02. En mars et avril dernier, nous observons un rebond par rapport à l’année dernière." 

 

 Contrairement à la plupart des autres marques, Porsche ne souffre pas de la dégradation de son mix. « L’année dernière, notre volume a reculé de 25% alors que notre chiffre d’affaires ne s’est tassé que de 13%, explique le directeur général de Porsche. Notre mix est donc plus riche aujourd’hui. Les versions haut de gamme continuent de bien se vendre parce que nous disposons de produits les plus « responsables » dans le très haut de gamme. Notre 911 Turbo est l’une des voitures qui émet le moins de CO2 sur le segment des ultra sportives ».

 

 

Le choix d’équiper le Cayenne d’un moteur diesel est totalement assumé par la marque qui ne jurait auparavant que sur l’efficacité de l’essence. « On ne peut pas ignorer la demande de notre clientèle sur un marché où 95% des SUV haut-de-gamme sont achetés en version diesel", commente Félix Bräutigam. Les critiques de la presse sont plutôt positives et, après deux mois de commercialisation du Cayenne diesel, les commandes montrent que c’est déjà un succès ».

Fort de l’arrivée de la Panamera à la rentrée et de nouvelles générations de modèles, écologiquement plus responsables, la marque garde les 3000 ventes annuelles dans la ligne de mire.