Charles Sirot
Passé le choc de l’annonce, le 3 septembre dernier, de la fusion d’Eurorepar et de Motaquip, les deux réseaux d’entretien-réparation multimarque de Citroën et de Peugeot, le temps est arrivé d'en détailler les coulisses stratégiques.

Car le sujet, promis à un déploiement européen sous la houlette de Charles Sirot - le développeur acharné de Motaquip – est pris très au sérieux à la direction pièces et service du constructeur.

1100 adhérents Eurorepar Car Service visés


Le 1er janvier 2015, les 967 adhérents Eurorepar et les près de 120
Michel Devos
titulaires d’une licence Motaquip choisiront, ou non, de signer un nouveau contrat. « Nous allons en perdre environ 200 qui ne suivront pas cette démarche et en recruter tout autant », reconnaît Michel Devos, directeur d’Eurorepar. D’ordinaire, une centaine de mouvements annuels sont néanmoins liés à la respiration naturelle du réseau avec notamment 50 % de départs en retraite.

L’objectif de l’enseigne consiste à s’appuyer sur 1 100 adhérents Eurorepar Car Service. Et au regard des moyens mis en place par le constructeur, nul doute que les réparateurs seront séduits. Jugez plutôt : 7 forfaits nationaux obligatoires par an pour asseoir une communication sur le prix et concurrencer ainsi les centres-autos, une communication radio amplifiée, un nombre d’animateurs multiplié par trois soit 17, cinq annonces offertes sur revisersavoiture.com, le devis et la prise de rendez-vous en ligne ou par téléphone via le 118 218 offerts, la création d’un mini-site de leur garage, le dépôt de commentaires sur le portail Internet, la possibilité pour le client de payer en 4 fois sans frais via PSA Finance, la signalétique offerte, 6 requête techniques de pannes par an  à la cellule du constructeur gratuites et enfin un DMS tout neuf baptisé Star Auto développé par une filiale de PSA et facturé 45 euros HT/mois.

Des achats de pièces qui progressent

Eurorepar s'en sort bien dans un marché en baisse de 4 points avec 100 000 euros de CA par compagnon en moyenne.
La redevance, en revanche, passe de 600 à 960 euros par an. Un différentiel qui ne couvre évidemment pas le prix du nouveau contenu de cette licence. PSA s’inscrit clairement dans une logique d’investissement, mais bénéficie aussi des marges sur la vente de pièces !

Un centre Eurorepar offre en moyenne 100 000 euros de chiffre d’affaires par compagnon. A noter que l’enseigne qui jouit de 10 ans de renommée n’a enregistré dans un marché en baisse de 4 points que 30 redressements judiciaires.

Motaquip va migrer Eurorepar Car Service au premier semestre 2015 avec une nouvelle signalétique offerte
« Sur les 9 premiers mois de l’année, le réseau nous a acheté 55 millions d’euros de pièces, en progression de 0,5 % par rapport à 2013 », détaille Michel Devos qui table sur 60 millions d’euros d’achats cette année.

De son côté Motaquip avait réussi à attirer les véhicules recherchés de plus de 8 ans et 100 000 km avec un panier moyen de 250 euros (sur un centre représentatif).

« Je fais 18 réunions dans toute la France pour expliquer aux adhérents Eurorepar pourquoi nous changeons et que ce panneau leur permettra de s’inscrire durablement dans le marché après-vente », confie Michel Devos qui était lundi à Grenoble ou encore mercredi à Poitiers...