Avant la tenue d'un sommet consacré au Brexit, l'ACEA a tenu une fois de plus à en rappeler les enjeux pour ce qui est de la filière automobile. Le principal problème porte évidemment sur les droits de douane. L'ACEA explique que, selon les règles du commerce international, ceux-ci sont de 10% entre les nations qui n'ont pas d'accord spécifique : "Nous ne devons pas oublier que les marges de notre industrie sont bien inférieures à 10%" signale Erik Jonnaert, le secrétaire général de l'association, "donc, les surcoûts seront de toute façon subis soit par le consommateur, soit par les constructeurs".

Dans un marché aussi concurrentiel que celui de l'Union européenne, 10% de renchérissement du prix des véhicules nuirait fortement à la compétitivité de toutes les autos en provenance du Royaume-Uni.

L'ACEA continue son propos en s'appuyant sur des détails qui ne sont pas non plus à négliger : "Après le Brexit, même de petits embouteillages aux douanes causeraient de graves problèmes logistiques et perturberaient les processus de fabrication" explique toujours M. Jonnaert, reprenant à son compte des paroles déjà tenues par Ralf Speth, le directeur général de Jaguar Land Rover (JLR). L'association indique même que certains constructeurs, redoutant le pire, seraient déjà en train de stocker des pièces de manière à continuer à produire dans de bonnes conditions.

Au Royaume-Uni, le principal fabricant de véhicules est évidemment le groupe Jaguar Land Rover : 532 107 autos y ont été produites l'an dernier, tandis que Nissan arrive en deuxième position (495 206 voitures en 2017) et BMW en troisième (218 885 véhicules). JLR est d'ailleurs sur le point de fermer son usine de Solihull pour deux semaines (surtout en raison du ralentissement du marché chinois), tandis que BMW a déjà prévenu qu'en cas de Brexit sans accord spécifique à l'automobile, tout le monde serait au chômage technique pour un mois du côté d'Oxford.

Les Français ont finalement peu d'intérêts directs au Royaume-Uni. Si ce n'est que les marques françaises y vendent des quantités non négligeables de véhicules.
Ainsi, au cumul des 9 mois écoulés, Peugeot a distribué 65 586 autos en Angleterre pour une part de marché de 3,4%. Renault a vendu 49 777 véhicules (2,6% du marché), Citroën 41 455 voitures (2,1% de pénétration), etc. Compte-tenu du prix relativement serré des françaises sur les marchés étrangers, un renchérissement de 10% leur nuirait grandement, à elles aussi.