Bien que les négociations européennes portant sur les normes d'émissions de CO2 post-2020 sont loin d'être finies, l'ACEA tire tous azimuts pour empêcher l'Europe de lui imposer des objectifs qu'elle considère irréalistes.

Selon l'association en effet, imposer plus de véhicules électriques sur les routes aurait "un impact profond sur l'emploi, parce que la fabrication et la maintenance d'un véhicule électrique requiert moins de travail qu'un véhicule traditionnel, en raison d'une moindre complexité mécanique et d'un nombre de pièces inférieur".
L'ACEA, s'appuyant sur un rapport divulgué par le cabinet de lobbying FTI Consulting, indique qu'une électrique recèlerait "38% de pièces et composants de moins" qu'une auto à essence.

L'essentiel des pièces provenant de fournisseurs qui sont des petites et moyennes entreprises, l'ACEA indique que le danger du chômage concernerait d'abord ce fragile tissu industriel. Or, "en République tchèque, en Allemagne, en Italie, en Slovaquie, en Hongrie, en Roumanie, en Suède et au Royaume-Uni, l'industrie automobile compte pour plus de 20% de l'emploi dans la manufacture" souligne l'association.

Jamais à court d'arguments, l'ACEA n'hésite pas à rappeler que l'industrie des batteries échappe toujours à l'Europe pour l'instant, alors qu'elle sera hautement stratégique dans les années à venir. D'autre part, ces mêmes batteries consomment des terres rares, dont l'extraction n'est pas forcément un bienfait pour la nature...

Le Parlement européen souhaiterait voir les émissions de CO2 des VN chuter de 30% en 2030 par rapport à 2021. Les pouvoirs publics voudraient aussi imposer aux constructeurs des quotas de vente de véhicules hybrides rechargeables ou électriques de 15% entre 2025 et 2029 et de 30% à l'horizon 2030. Il s'agit précisément du point du cristallise les tensions entre l'industrie automobile et les élus de Strasbourg.