Est-ce la fable de la grenouille qui avait voulu être aussi grosse que le bœuf ? En pensant pouvoir redresser le constructeur suédois qui ne cessait perdre de l’argent, Victor Müller, alors patron de Spyker, a surestimé les forces de Spyker, et sous-estimé les difficultés de Saab.
L’histoire a trouvé, ce 18 décembre, son épilogue. Spyker a été déclaré en faillite. Il était sous la surveillance d'un administrateur depuis début décembre.
"Le tribunal, à la demande de l'administrateur, a converti le moratoire de paiement accordé à Spyker le 2 décembre en faillite", a indiqué le groupe dans un communiqué, soulignant qu'un financement provisoire n'était pas arrivé à temps pour sauver l'entreprise.

L'impossible redressement de Saab

Au départ, Spyker était détenu à 30% par le groupe financier russe Convers, contrôlé par le milliardaire russe Vladimir Antonov, et à 25% par le fonds souverain d'Abou Dhabi Mubadala Development. Mais, à la suite de l'acquisition de Saab, Vladimir Antonov céda sa part au directeur général Victor Muller, ou plus précisément à une société lui appartenant, Tenaci Capital. Tenaci va aussi faire deux prêts à Spyker, l'un pour 25 millions de dollars, l'autre de 57 millions d'euros (près de 80 millions de dollars).
Dès 2010, la reprise de Saab a fait sentir ses effets négatifs dans les comptes de Spyker, dont les pertes ont été considérablement creusées.
Le constructeur ne pourra jamais s’en remettre.