Les constructeurs avaient prévenu. Les chiffres leurs donnent raison. Le Brexit nuit gravement à l'industrie automobile britannique.

Au premier semestre de 2018, les montants investis dans ce secteur ont diminué de moitié, tombant à 347,3 millions de livres (394 millions d'euros). [On parle des investissements dans les nouveaux modèles, l'équipement et les usines].

L'Association des constructeurs et des vendeurs d'automobiles (SMMT) attribue cette tendance au flou qui règne quant à l'issue des négociations entre le Royaume-Uni et l'UE sur le Brexit, empêchant les constructeurs de se lancer dans de nouveaux projets.

Ou les poussant à délocaliser comme se prépare à le faire Jaguar Land Rover avec le prochain Discovery qui sera construit en Slovaquie.

Une frustration grandissante


"Il y a une frustration grandissante dans les instances de direction quant au faible progrès des négociations", prévient Mike Hawes, directeur général de la SMMT. La position actuelle, avec des messages contradictoires et des lignes rouges, va à l'encontre des intérêts du secteur automobile britannique qui a prospéré en étant intégré au marché unique et à l'union douanière".


La SMMT explique que le chiffre d'affaires du secteur a atteint un record de 82 milliards de livres en 2017. Il avait récolté les fruits des investissements passés, mais l'association  craint un sérieux coup de frein du fait du manque de clarté sur le Brexit, à neuf mois de la sortie de l'UE.

En plus, le marché britannique décroche


Ces difficultés interviennent en outre au moment où les ventes d'automobiles reculent fortement dans le pays qui avait atteint des niveaux de vente record. On constate désaffection envers le diesel.

L'industrie britannique n'a eu de cesse de réclamer le maintien dans l'union douanière et le marché unique afin d'éviter tous les droits de douane néfastes aux affaires. Le secteur est exposé aux risques associés au Brexit puisqu'il dépend en grande partie des constructeurs étrangers implantés sur son sol.

Dans la foulée du vote pour le Brexit du 23 juin 2016, la SMMT avait abandonné l'objectif de 2 millions de véhicules produits par an au Royaume-Uni qu'elle s'était fixée pour l'horizon 2020, alors que l'UE absorbe la majorité des exportations de voitures fabriquées au Royaume-Uni.

Les signaux d'alarme se multiplient dans les milieux d'affaires, le président de la principale organisation patronale britannique CBI ayant prévenu mi-juin que le Brexit menaçait d'extinction le secteur automobile, si le Royaume-Uni sortait de l'union douanière avec l'UE.

Plusieurs grands constructeurs ont laissé planer le doute sur leurs investissements futurs comme PSA qui possède la marque Vauxhall, ou encore BMW, propriétaire de Rolls-Royce.