Dans une lettre ouverte envoyée fin janvier 2019 à la direction du groupe PSA, Florence Gète, présidente du groupement des agents Peugeot (Gaap), pointait du doigt plusieurs sujets qui cristallisaient les tensions entre le réseau d’agents et celui des concessionnaires. Le plus sensible d’entre eux concernait le business VO, en particulier « des frais facturés abusivement par des concessionnaires Peugeot sur des reprises de VO effectuées par les agents ».

Moyen de pression


Le groupement informe dans un communiqué que 700 agents ont signé cette lettre ouverte (ils sont 2009 en France). « Elle a permis d’exprimer leur ressenti et leur mécontentement », souligne Florence Gète. En janvier, le groupement menaçait de ne pas signer l’avenant à leur contrat d’apporteur d’affaires pour 2019. Un « moyen de pression » qui a porté ses fruits. La marque Peugeot est en effet sortie « de sa réserve » en adressant un courrier aux réseaux dans lequel elle indique que « la facturation des frais liés à la reprise d’un VO par un agent ne peut être une pratique obligatoire, ni systématique. Elle doit correspondre à une prestation identifiable et raisonnable. Et si l’apporteur d’affaires s’engage sur toutes ses reprises, la gratuité est même jugée pertinente ».

Le Gaap parle aujourd’hui d’une « avancée qui ouvre la voie à des négociations plus responsables entre agents et concessionnaires ». Une avancée mais pas une victoire complète. « Malheureusement nous n’avons pas trouvé de point d’accord avec le groupement des concessionnaires Peugeot », précise Florence Gète. Les recommandations de la marque plaident en faveur d’une négociation de gré-à-gré entre l’agent et son concessionnaire. « En pratique, la marque est favorable aux deux alternatives: soit la reprise est effectuée par le concessionnaire et rétrocédée à l’agent, soit l’apporteur d’affaires se substitue à lui et effectue directement sa reprise ne nécessitant pas l’enregistrement du VO chez le concessionnaire, le VO entrant directement dans le stock de l’agent », poursuit le groupement.

Esprit collaboratif


« La marque a bougé, elle a ouvert les yeux, et pris une position qui n’est pas nécessairement favorable à celle des concessionnaires. Il était nécessaire de clarifier la situation. La difficulté est de faire face à des positions dominantes qui peuvent être abusives, soulève la représentante du groupement. En droit commercial, tout peut être envisagé à condition que l’accord de gré-à-gré soit équitable et librement consenti ».

Fort de premier pas en avant, le Gaap entend ouvrir plus largement les discussions sur le business occasion et « participer pleinement au développement de ce commerce dans un esprit collaboratif ».