Le malus, une invention diablement lucrative ! Le gouvernement a fait savoir par les voix de Nicolas Hulot (ministre de la Transition écologique) et d'Elisabeth Borne (ministre des Transports) que le malus à l'achat des véhicules neufs subirait encore un tour de vis l'an prochain. Le seuil de déclenchement du malus, actuellement fixé à 120 g de CO2 / Km, descendra à 117 g. Selon Nicolas Hulot, le seuil de déclenchement baissera chaque année de 3 g à compter de 2019.

Autre initiative sur les véhicules particuliers, l'exécutif souhaite aussi relancer la filière gaz (GNV). Ce sont "100 nouvelles stations d'approvisionnement" qui seront déployées "dans les quatre prochaines années" selon le ministère, avec un but de "mise en service de plus de 2100 véhicules". Le GNV est une solution qui a été oubliée voilà plusieurs années par les pouvoirs publics, après une tentative de lancement infructueuse. A l'heure actuelle, seules Fiat et Volkswagen disposent de véhicules qui fonctionnent au gaz. Ils ont fait l'objet de 114 immatriculations en 2017.

Toujours en ce qui concerne les véhicules en eux-mêmes, le gouvernement a fait savoir qu'il souhaite une "multiplication par cinq des ventes de véhicules électriques d'ici 2022 par rapport à 2017". Aucun moyen d'y parvenir n'est détaillé. Cet objectif signifie que de 25 983 ventes en 2017, le but serait de grimper à quasiment 130 000 en 2022... A titre de comparaison, il s'est immatriculé presque 130 000 SUV polyvalents diesels en 2017, il s'agit de l'un des segments les plus dynamiques du moment.

L'infrastructure routière n'a pas été oubliée par la "loi mobilités" : outre un énième renforcement des mesures visant à permettre à chacun de recharger son véhicule électrique à domicile ou dans l'espace public, le gouvernement annonce aussi un déploiement des voies réservées au covoiturage. Celles-ci font déjà l'objet "d'expérimentations" à l'heure actuelle en Île-de-France.
Les zones à faibles émissions, enfin. Pour l'heure, seules Paris et Grenoble restreignent leur accès via les fameuses pastilles Crit'air. Demain, "la loi demandera à toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants d'évaluer l'opportunité de mettre en place une telle zone" d'après le ministère de la Transition écologique.