Sacrée invention que le bonus-malus à l'achat des véhicules neufs. Pour sa dixième année d'existence, le malus devrait rapporter gros, si l'on en croit un rapport budgétaire sur la loi de finances 2019 effectué par les députés Anne-Laure Cattelot et Benoît Simian : "En raison d'une mauvaise anticipation des effets sur les recettes du malus des reports d'achats de véhicules diesels vers les véhicules à essence, plus émissifs en CO2, les recettes du compte d'affectation spécial en 2018, selon la dernière prévision d'exécution, atteignent 590 millions d'euros. Elles sont supérieures de 200 millions d'euros à la prévision de la loi de finances initiale pour 2018" écrivent les élus.

Ce malus probablement récolté représente un bond de 67,7% par rapport à 2017, où 351,8 M€ avaient atterri dans les caisses de l'Etat. Les députés Catelot et Simian notent toutefois que "ce surcroît de recettes" permet de financer la prime à la conversion. Initialement budgétée pour 100 000 demandes cette année, elle pourrait faire l'objet de 250 000 déclenchements de primes, voire même un peu plus selon les sources.

La recette du malus explose donc en premier lieu en raison du retournement du marché en faveur de l'essence. Toujours d'après des chiffres issus du ministère de la Transition écologique, les véhicules à essence ont représenté 56,3% des immatriculations en octobre, quand les diesels ont réuni 35,9% des acheteurs de véhicules neufs.
Les véhicules fonctionnant au sans-plomb étant plus gourmands par nature, ceci a porté la part des voitures "malussées" à 29,1% du marché le mois dernier. Au cumul depuis le début de l'année, 29,7% des achats de VN ont fait l'objet d'un malus, contre 17% à pareille époque l'an dernier. Mais en dépit du renforcement du malus, le taux moyen d'émission de CO2 des véhicules neufs ne diminue pas : 111,4 g de CO2 par kilomètre en octobre, 110,9 g un an auparavant.