Le marché de la voiture de collection représente 27,7 milliards d'euros
Avec 200 000 événements automobiles par an dont 1 300 manifestations majeures et 2 000 clubs composés de 780 000 membres, le marché de la voiture de collection qui pèse tout de même 27,7 milliards d’euros* est en ébullition. De fait, c’est quasiment une bulle spéculative qui fait pétiller cette niche. Entre 2009 et 2014, le prix des modèles très haut-de-gamme a été multiplié par 2,75, celui des Ferrari  - une catégorie à elles-seules – par 1,8 et de l’ensemble des produits classiques par 1,12.

Le réseau Matching Numbers qui organisait ce 13 mai 2014 un rendez-vous business en conviant 5 spécialistes pour donner un éclairage sur l'évolution de ce marché livre quelques explications. Une première intervention précisait à la cinquantaine de collectionneurs
Fabien Vatinel
présents la fiscalité appliquée à ces objets rares qui ont plus de 30 ans, tant dans le cadre d'une cession que de l'ISF. Un point qui pourrait justifier l'intérêt accru de certains investisseurs. « C’est un actif patrimonial à part entière, commente Fabien Vatinel, directeur de l'ingénierie patrimoniale chez Neuflize OBC, c’est même un gage qui peut servir de garantie lors d’un achat immobilier ».

Au-delà de 5000 euros - la plupart des cas ! - les acquéreurs doivent s’acquitter d’une taxe forfaitaire de 6 % (depuis le 1er janvier) sur le prix du véhicule. Mais l’autre régime en place dit de droit commun des plus-values sur les biens meubles offre, en effet, une exonération complète au bout de 22 ans de détention.

Marché mondial

200 000 événements automobiles classiques par an sont organisés en France
Autre facteur clé : avec Internet et l’internationalisation des flux, ce marché s’est mondialisé et les importations explosent. En tête de liste (50 ans oblige) les Mustang débarquent des Etats-Unis comme les Corvette, Porsche (également en provenance du Japon), MG, Triumph et Austin Healey. « La demande est forte également pour les modèles français comme l’Alpine Renault venant du japon », souligne Christophe Hoche, dirigeant de Tran Scorp International (T.S.I.). Côté exportations, à l’inverse, le marché français est guetté par les acheteurs russes, américains et chinois. Un fait nouveau. « Sur 1000 opérations annuelles, seules 5 % sont traitées à l’exportation, mais c'est en constante progression », observe Christophe Hoche. Les Renault 12, R17, Ami6 et autres 2CV suscitent un enthousiasme jamais-vu. « C’est dingue, des voitures que j’importais il y a 10 ans sont actuellement re-exportées aux Etats-Unis 10 fois leur prix ! », témoigne Franco Lembo, négociant en région champagne à la tête d’Automobilia. Aucun doute pour lui : les acheteurs sont des investisseurs. « Il y a trop
Franco Lembo
peu de collectionneurs. Ceux-ci gardent leurs véhicules !», note le professionnel qui confirme aussi l’envolée des tarifs. La Porsche 993 GT2, par exemple, a vu son prix tripler en deux ans.

Les demandes affluent de toutes parts. Chef d’orchestre reconnu de ce marché, la maison Artcurial confirme. « Nous envoyons 6000
Pierre Novikoff
catalogues et 15 000 mails dans le monde entier. Notre marketing est devenu international », raconte Pierre Novikoff, spécialiste chez Artcurial dont les ventes aux enchères de véhciules de collection ont rapporté 29,5 millions d’euros l’an dernier. Un score déjà dépassé à ce stade de 2014 ! Et encore, c’est un petit poucet par rapport à un acteur comme RM Auctions (500 millions de dollars…). Quelques français achètent tout de même des voitures classiques, par goût et pour échapper à l’ISF, mais 88 % des véhicules inférieurs à 100 000 euros partent à l’étranger.

A cet expert de citer l’augmentation, chaque mois, du prix des 300 SL Papillon ou Dino 246 GT... Fort de ce constat, les constructeurs s’intéressent désormais à leurs modèles anciens en créant des ateliers de restauration comme Mercedes, Ferrari, BMW et même Peugeot. « Il y a un potentiel énorme », assure Alexis Delicourt, fondateur de Delicourt Expertise.

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