En échange d'un montant total de 3,27 milliards d'euros de travaux, les sociétés concessionnaires d'autoroutes (Vinci autoroutes, APRR, Sanef) ont vu leurs contrats de concession prolongés de 2,5 ans en moyenne.
L'exécutif n'omet pas de préciser que cet allongement suppose un investissement "à la charge exclusive" des sociétés citées, et qu'il devrait permettre de créer "près de 10 000 emplois directs et indirects sur la durée des travaux" ; d'autre part, les APRR et autres ASF, propriétés de grands groupes de BTP que sont Vinci et Eiffage "se sont engagées à ce que 55% des travaux soient réalisés par des PME et PMI non liées aux groupes autoroutiers".

Bref, après le relatif échec de la remise à plat des contrats autoroutiers, le gouvernement souhaite tout de même faire savoir que les sociétés concessionnaires d'autoroutes, conspuées par toutes les institutions qui ont travaillé sur leur cas, ne peuvent se dédouaner totalement de l'intérêt public.

Mais si l'Etat annonce à la cantonade qu'il ne mettra pas un sou dans le plan de relance autoroutier, il se préserve bien d'indiquer que le budget pour le réseau non concédé diminue un peu plus chaque année : -7,4% de budget entre 2011 (677 M€) et 2014 (643 M€). Surtout, la part réservée à la "préservation du patrimoine" diminue en proportion : 73% du budget en 2012, 68% en 2012... Forcément, la part de "chaussées en bon état" suit la même logique, même si les résultats demeurent bons dans l'absolu : 85,3% des chaussées étaient fort satisfaisantes en 2012 ; 84,5% en 2013, et 83,8% l'an dernier !