La page de l’introduction en Bourse est désormais tournée, jusqu’à nouvel ordre, et la direction générale de LeasePlan reprend publiquement la parole, notamment pour évoquer un bon exercice 2018. « Nous ne pouvons pas donner de chiffres, car le bilan est en cours de consolidation par les équipes de KPMG, mais nous avons connu une croissance plus forte que celle du marché, notamment en LLD », annonce Dirk Pissens, président de LeasePlan France. A la fin de l’année 2018, le groupe gérait 133901 véhicules pour quelque 13000 clients. Et Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing, identifie plusieurs axes de croissance : « Dans le périmètre des TPE, le potentiel est encore très important, car 80% des professionnels n’ont pas encore franchi le pas de la LLD. Par ailleurs, via notre récent accord avec la Macif en octobre 2018, un vivier d’un million de clients est susceptible d’être concerné par l’offre de LLD à particuliers baptisée « Macif C’parti ». En outre, un autre réservoir d’un million de clients peut être adressé, à savoir les collaborateurs de nos clients qui n’ont pas de véhicule de fonction ».

Tensions avec les constructeurs autour du marché des particuliers

Les particuliers font clairement partie des priorités de 2019 et les dirigeants de LeasePlan ne cherchent pas à éluder les sujets qui fâchent : « Comment réagissent les constructeurs par rapport à cette orientation stratégique ? Cela génère naturellement des tensions, notamment avec les constructeurs français. Mais nous ne pouvons pas renoncer à cet axe de croissance, surtout que les constructeurs alimentent ce système avec leurs flux de 0km ». Une autre zone de frottements avec les constructeurs apparaît au niveau des prestations en après-vente. En effet, les accords de LeasePlan avec Norauto, Midas ou Euromaster ne sont pas passés inaperçus. « Notre unique objectif est de satisfaire et de fidéliser nos clients et nous savons qu’ils comparent les prix. Dès lors, ces enseignes constituent une alternative, car elles font souvent valoir le même niveau de qualité que les réseaux constructeurs, à des tarifs mieux maîtrisés. Nous assumons donc les discussions animées que cela peut entraîner avec nos partenaires constructeurs », explique Dirk Pissens.

2 sites carnext en région parisienne en 2019

LeasePlan compte aussi développer la nouvelle plateforme digitale carnext.com, focalisée sur les VO récents. En plus des sites existants, deux implantations sont à l’étude en région parisienne. « Nous avons 1000 véhicules en ligne en permanence et à terme, ¼ des ventes s’opérera en LLD. L’enjeu clé pour rester efficace réside dans le sourcing, face à la concurrence des marketplaces et des constructeurs. Pour nous, c’est important, car c’est un facteur de sécurisation du business », indique Jean-Loup Savigny.

A l'heure de l'électrification

En outre, LeasePlan veut intensifier le déploiement de son offre de véhicules électrifiés. Un axe prioritaire à l’échelle de l’ensemble du groupe et dont les bases ont été posées l’an passé, via un accord avec Allego pour les solutions de charge, au domicile et sur le lieu de travail, couplé à un système de facturation élaboré qui permet d’éviter les écueils liés à l’encadrement des avantages en nature, mais aussi via un accord avec le constructeur chinois SAIC pour la diffusion de l’utilitaire Maxus EV80 en Europe. « LeasePlan a également pensé à la deuxième vie du véhicule électrique, grâce à carnext.com et son produit de LLD VO », précisent les dirigeants. Au mois d’avril, un partenariat sera officialisé pour la mise à route de 500 VE à Paris, selon un dispositif proche de celui des sociétés de VTC, « mais différent de ce que fait Uber néanmoins ». Le groupe mise d’ailleurs sur les nouvelles mobilités, même si bien des questions demeurent en suspens. « Uber, Cityscoot, nous nous sommes lancés les premiers et nous continuons à soutenir les prises d’initiatives, avec GoMore par exemple », tient à rappeler Dirk Pissens.

Et Dirk Pissens et Jean-Loup Savigny de conclure de concert : « L’année 2019 s’annonce passionnante et nous allons accélérer notre mutation énergétique et digitale. Ce dernier point est essentiel, car comme le coût des services ne cesse de croître, c’est le seul moyen de rester viable économiquement. Dans les prochains mois, nous annoncerons aussi un partenariat de grande ampleur avec une grande banque ».