Deuxième marché automobile le plus important au monde (derrière la Chine), les États-Unis restent en revanche le leader incontesté pour la vente de gros véhicules. La récente étude publiée par Jato révèle un basculement assez net en faveur des SUV et pick-up (« trucks), et ce au détriment des berlines, compactes, breaks et autres coupés sportifs, dont la part ne cesse de baisser. Le cabinet ne fait même pas mention des citadines dans son analyse.

« Le prix du pétrole continuellement bas ainsi que les changements dans la réglementation gouvernementale expliquent en partie le passage des voitures ordinaires aux SUV et aux pick-up », explique Jato, qui rappelle que la plupart des Américains conduisaient une voiture « traditionnelle » il y a dix ans (berline, compactes...). « Le large éventail de modèles proposés a alimenté la forte demande pour ces véhicules, qui représentaient 51% du total des ventes en 2008. Avec 6,68 millions d'unités vendues, ils représentaient près du double de celui des SUV vendus, à 3,41 millions ». Au plus fort de la crise, en 2009, le cabinet rappelle que les consommateurs ont porté leur dévolu sur des « voitures abordables et moins cher à entretenir ». En parallèle, le marché automobile américain a été affecté par la chute des achats au sein des flottes d’entreprise, dont la part de marché est tombée à 11% en 2011. Ce repli a alors affecté les ventes de voitures « traditionnelles ».

Aussitôt la reprise amorcée, en 2012, associée à la baisse des taux d'intérêt et des prix du pétrole, le marché automobile a commencé à basculer en faveur des gros véhicules. « Un virage qui s’est accéléré quand les SUV sont devenus plus attractifs et accessibles financièrement, soutenus par des campagnes marketing importantes. Les consommateurs se sont rendus compte que conduire un SUV ou un pick-up n’était plus aussi onéreux que par le passé ». En 2016, la part de marché des berlines, SW, coupés sportifs... a chuté à 39% du marché automobile. Selon Jato, la tendance en faveur des gros modèles s'accélère et ne montre aucun signe de ralentissement.

Au premier semestre 2017, ils ont représenté 56% des ventes totales, contre 37% pour les modèles « traditionnels ». En juin 2018, le ratio se situe à 60%/32%. Sur ce mois, la demande de SUV et de pick-up a grimpé de 14% sur un marché global en hausse de 5,6%.


Dès lors, selon Jato, les segments des petits véhicules (citadines, sous-compactes, compacts) pourraient devenir des marchés de niche. De plus, l'offre est susceptible d'évoluer en raison de la guerre commerciale alimentée par Donald Trump. « Une grande partie des voitures importées aux États-Unis sont des berlines, ce qui signifie que toute tentative d'augmenter les tarifs d'importation nuirait beaucoup aux ventes de ces véhicules », conclut le cabinet.