Autopartage, véhicule connecté, électrique ou autonome, les automobilistes ont quasiment tout sous la main pour anticiper leur futur rapport à l’automobile. Mais entre les offres constructeurs, les start-up qui émergent et des acteurs tiers qui s’en mêlent, il y a de quoi hésiter. C’est pourquoi, le cabinet Deloitte tente chaque année de déceler les tendances en sondant environ 10 000 consommateurs européens. L’étude 2019 révèle ainsi un certain détachement aux motorisations essence et diesel et un intérêt naissant pour l’électrique.

Alors que les automobilistes se méfient encore des véhicules autonomes (50% estiment qu’ils ne sont pas suffisamment sûrs), l’édition 2019 trouve plutôt son élan dans les VE.

« L'étude de cette année a mis en évidence un intérêt croissant des consommateurs pour les véhicules électriques (VE), révélant que l'électrification pourrait avoir un impact plus immédiat sur la mobilité mondiale que les véhicules autonomes », selon Deloitte.

Par exemple en France, les solutions alternatives au thermique (motorisations hybride, électrique et catégorie "autre") captent désormais 46% des intentions d’achat en 2019 contre 38% l’année précédente. Au Royaume-Uni, on passe de 27% à 37%. Mais les intentions d’achat concernant les moteurs thermiques résistent respectivement à 54 et 63%. L’Italie montre sa différence avec une part de 58% d’intention d’achat pour les alternatives (dont 41% pour les hybrides), et elle gagne 7 points par rapport à 2018. Voir ci-dessous l’infographie.

Source Deloitte Global Automotive Consumer Study
Source Deloitte Global Automotive Consumer Study

Pas disposés à payer pour la connectivité

Dans son étude, le cabinet Deloitte n’a pas oublié les autres pans de l’automobile, à savoir la connectivité et la mobilité partagée. Pour le premier, les attentes varient fortement par pays. Les Italiens estiment à 60% qu’une connectivité accrue de leur véhicule leur sera bénéfique, contre 45% pour le Royaume-Uni et 36% pour les Français. Dans tous les cas, personne n’est véritablement prêt à mettre le prix : « environ la moitié des consommateurs en France, aux Pays-Bas, en Autriche, et en Allemagne ne sont pas disposés à payer davantage pour un véhicule connecté. Les plus disposés à payer pour des services connectés sont l’Italie (72%) et le Royaume-Uni (63%) ».

« Si les promesses des technologies sont en passe de devenir une réalité pour le plus grand nombre des consommateurs, notre étude révèle que plusieurs obstacles restent à surmonter. Cela se vérifie en matière d’acceptabilité du véhicule autonome, de compréhension de la valeur ajoutée apportée par les services connectés, et la compréhension de l’intérêt des nouvelles mobilités. La voiture individuelle telle que nous la connaissons a encore quelques belles années devant elle », déclare Guillaume Crunelle, associé Deloitte, responsable du secteur automobile.

Usage ou possession ?

Car selon le cabinet, les consommateurs restent attachés à la possession d’une voiture particulière. Par exemple, en France, 43% l’utilisent au quotidien, 47% en Allemagne et en Italie ils sont 66%. Cela ne devrait pas changer d’ici à 3 ans comme ces trois pays l'ont souligné. « Le transport multimodal reste faible : l'idée d'intégrer plusieurs modes de mobilité en un seul voyage demeure largement un comportement occasionnel pour les consommateurs, soit plus de 53% des Européens : 57% des Français, 59% des Britanniques et 67% des Italiens », conclut le cabinet. Mais les jeunes se demandent tout de même si la possession d'une voiture est vraiment une nécessité : en France, 51% des membres de la génération Y/Z s’interrogent sur le besoin de posséder un véhicule, suivis de 41 % des membres de la génération X et de 32 % des baby-boomers.