Des effectifs en croissance de 32 % entre 1999 et 2010 : la population des experts libéraux a connu une très forte évolution durant ces dix dernières années, selon une photographie du secteur rendue publique aujourd'hui et réalisée par l'Observatoire des métiers dans les professions libérales (OMPL).

Mais l'évolution n'est pas que quantitative, loin s'en faut ! Les 2 819 experts inscrits sur la liste nationale des experts libéraux, auxquels s'ajoutent 2008 salariés administratifs se concentrent de plus en plus dans des cabinets dont le nombre atteint désormais 584 entreprises. 83 % d'entre elles sont composées aujourd'hui de plus de 6 salariés.

« Ce rapport met en lumière les nouveaux usages de notre profession. L'expertise vit une très forte évolution structurelle», estime Philippe Ouvrard, président de L'Anea. « Cette évolution se traduit par l'apparition de spécialisation et la refonte des cabinets. Les experts devront également faire un pas en direction des automobilistes. »

Une stratégie déjà entamée par de nombreux acteurs et que le rapport de l'OMPL met également en valeur.
  
Le contexte économique montre plusieurs causes d'évolutions : arrivée d'activités nouvelles (mise en place de la procédure des VE) et de niches (engin agricole...), nouveaux process des assureurs...

L'ensemble de ces facteurs peut générer trois grands types de scénarios :
  1. une concurrence de plus en plus féroce pouvant entraîner certaines réactions presque suicidaires comme une guerre des prix et une dégradation des rémunérations.
  2. une évolution assez douce grâce à la réactivité des cabinets qui lancent des prestations différenciées. Les résultats des cabinets en seraient affectés mais moins fortement que dans le premier scénario.
  3. une optimisation accélérée car les experts sont capables d'aller chercher d'autres marchés à la marge et surtout vers l'automobiliste particulier avec l'aide à l'achat/vente de VO.

Mais dans tous les cas la profession ne connaîtra pas la même croissance dans les 10 ans à venir. Avec les départs naturels à la retraite et la concetration des cabinets (voire la constitution de réseaux), seule une cinquantaine d'experts supplémentaires serait recensée pour la prochaine décennie.