Les patrons et leurs associations représentatives ont grincé, les représentants des salariés commencent à s'inquiéter. Dans une tribune intitulée "Faut-il avoir peur ?", la CFTC de PSA s'alarme des conséquences des récentes décisions européennes ; en substance, les VN devront émettre 35% de CO2 de moins en 2030 qu'en 2021, ce qui conduira forcément les constructeurs à recourir à l'hybridation, voire à l'électrification totale de leurs véhicules.

Selon la CFTC, "c'est sur un ton particulièrement grave et solennel que la direction a présenté ces directives européennes aux organisations syndicales". Car, toujours d'après la même source, "l'obligation d'électrifier massivement nos véhicules, et bien sûr de trouver des clients pour les acheter, va à l'avenir modifier profondément le modèle économique des constructeurs et de toute la filière automobile".
Sollicité sur le sujet, Franck Don, délégué syndical central du constructeur, en dévoile un peu plus : "Il faut clairement rebâtir un plan stratégique pour l'entreprise, et diversifier nos activités. L'électrification suppose moins de main d'oeuvre, on ne fera plus qu'assembler ! Le comité exécutif va se lancer dans des réflexions. Cela nous inquiète, nous aimerions y voir plus clair" indique t-il.

A l'occasion d'une conférence de presse qui s'est tenue au Mondial de l'automobile, la CGT de Renault a tenu un discours très proche de celui de la CFTC : "Notre inquiétude concerne bien sûr Renault, mais elle touche bien évidemment toute la filière automobile française qui est directement impactée par le volume de production des constructeurs" ont fait savoir les syndicalistes.
Ces derniers pensent aussi que l'électrification à venir risque d'augmenter significativement les effectifs de Pôle emploi : "Dans l'état actuel de nos informations, une part importante des éléments moteurs des hybrides ne sera pas produite en France, mais en Espagne, au Portugal ou encore en Turquie" écrit la CGT. Et de conclure que "l'avenir de l'usine de Cléon est alors bien compromis quand on sait qu'elle ne fabrique à l'heure actuelle que des moteurs diesels et encore peu d'électriques."

Franck Don de PSA fait en outre état d'une "deuxième inquiétude" : "L'hybride peut être une alternative, mais les véhicules seront beaucoup plus chers, tout le monde ne pourra pas se les payer. Cela va entraîner une baisse des ventes" suppose t-il, "nous sommes à une époque charnière. Il faut repenser la mobilité !"