Le propos liminaire revient à François Roudier, porte-parole du CCFA, qui se montre prudent sur le jeu des prévisions pour l’année qui vient de s’ouvrir : « Nous préférons attendre le début du mois de mars pour donner une tendance, mais d’une manière générale, la stabilité devrait être au rendez-vous. Le côté positif réside dans le nombre important de nouveautés significatives qui vont arriver sur le marché, quand certains indicateurs macro-économiques invitent à la vigilance, comme la baisse des mises en chantier de logements neufs, par exemple ».

Peugeot compte rester le leader sur le segment des particuliers et des flottes VP

Pour Peugeot, Guillaume Couzy, directeur de la marque en France, met en exergue un gain de part de marché de 0,5 point en 2018, après une avancée de 0,7 point en 2017 : « Nous affichons une part de 17,9%, nous rapprochant ainsi de Renault et surtout, nous sommes leaders sur le segment des particuliers et des flottes VP. Par ailleurs, nous avons placé quatre modèles Peugeot dans le top 10 national, dont le 3008 et la nouvelle 308, c’est-à-dire des véhicules à forte valeur ajoutée. En outre, quasiment un SUV sur quatre vendus en France est un Peugeot ». Au programme de 2019, en tablant sur un marché stable, Peugeot compte rester dominant sur le segment des particuliers, se développer sur le marché du VU en exploitant le nouveau Partner, mais aussi préparer la transition énergétique avec les premiers jalons de l’électrification de la gamme.

Citroën veut gagner 0,7 point de part de marché VP

Du côté de Citroën, Amaury de Bourmont, directeur de la marque en France, se réjouit du retour de la croissance et d’un gain de part de marché particulièrement notable au second semestre : « Nous avons raté les 10% de part de marché d’un cheveu, mais c’est anecdotique. L’essentiel est bien entendu que nous puissions nous appuyer sur un effet de gamme, sur une politique de « fair pricing » qui porte ses fruits en limitant les remises et par extension, sur une efficacité commerciale du réseau renforcée ». La gestion des canaux est saine, comme en témoignent la progression auprès des clients particuliers et BtoB, et la maîtrise des flux de VD et des livraisons aux loueurs de courte durée. En somme, seul le périmètre des leasers gagnerait à être mieux travaillé. « Nous avons aussi une marge de progression sur le VU », glisse Amaury de Bourmont, avant de préciser ses ambitions générales : « Gagner 0,7 point de part pour atteindre 10,5% de parts en VP. 16% en VU pour un cumul VP+VU de 11,5%. Il va de soi que le C5 Aircross sera au cœur de l’actualité de la marque et nous confirmons un objectif de 40000 livraisons, tandis que nous préparerons aussi l’électrification de la gamme, avec la version hybride rechargeable du modèle ».

DS se place aux avant-postes de l'électrification de la gamme et du e-commerce

Amaury de Bourmont passe ensuite la parole à Sébastien Vandelle, directeur du développement de DS Automobiles, à l’aube d’une année charnière pour la marque premium du groupe. 2018 a redonné quelques couleurs à la marque, avec 24004 immatriculations et une part de 8,8% sur le premium. Une année caractérisée par le lancement prometteur du DS7 Crossback et par un retour de la marque sur le canal du BtoB et des leasers. « Nous soignons toujours les trois piliers de nos fondations. Tout d’abord, les produits, et le DS7 répond à nos attentes avec 79% des ventes en finition haut de gamme, une pénétration de 65% du DS Connected Pilot et de 50% du système hi-fi Focal, par exemple. Au niveau du réseau, nous nous appuyons désormais sur 145 points de vente, dont 68% de DS Store. Enfin, un soin méthodique porté à l’expérience des clients, par le biais des prestations d’Only you », détaille Sébastien Vandelle. Et l’année 2019 s’annonce dense avec le lancement névralgique du DS3 Crossback, la première année pleine du DS7 et l’arrivée de l’électrification : DS7 Crossback E-Tense, un hybride rechargeable essence doté d’une transmission 4x4, et DS3 Crossback E-Tense, modèle 100% électrique revendiquant 320 km d’autonomie. Par ailleurs, le réseau va encore s’étoffer via environ 25 ouvertures de DS Store et le déploiement d’une cinquantaine de points de services. Simultanément, le programme Only you couvrira tout le réseau. DS Automobiles lance aussi son label VO premium « DS Certified », conçu pour veiller sur les valeurs résiduelles de la marque. « En outre, nos modèles sont exposés avec ceux que nous reprenons, notamment issus des marques premiums allemandes, et cela nous positionne clairement dans le territoire premium aux yeux des clients », souligne Sébastien Vandelle. DS Automobiles va aussi inaugurer au premier trimestre un module e-commerce autour de la série limitée DS3 Crossback La première. Un dispositif qui va en fait servir de test sur le dossier de la vente en ligne pour toutes les marques du groupe.

Opel au régime "pricing power" du groupe

Enfin, Eric Wepierre, président d’Opel France, renvoie à une année de transition et de transformation pour la marque. La déception d’un recul de la part de marché VP, comme VP+VU, est atténuée par un dynamisme retrouvé au dernier quadrimestre. La coordination avec les distributeurs du groupe PSA s’organise, au même titre que le volet des pièces de rechange. « Nos efforts sur le « pricing power » sont récompensés, avec un prix de vente moyen en hausse de 3%, et nos distributeurs redeviennent rentables, 0,7%, avec un objectif de 1% à court terme », précise Eric Wepierre, avant de se projeter sur 2019 : « Avec le trio Combo/Vivaro/Movano, nous avons une belle carte à jouer sur le VU. L’arrivée de la nouvelle Corsa, l’actuelle représentant 35% de nos ventes, est aussi décisive et nous aurons une offre très complète, essence, diesel et 100% électrique. Nous poursuivrons nos efforts pour intensifier notre activité sur les SUV, en préparant le lancement du Grandland X PHEV. Sans oublier les 120 ans de la marque, ce qui se célébreront par le biais d’une série spéciale et d’une vaste campagne de communication ».