Pour les sociétés de ventes aux enchères, le business n’a pas été jugé encourageant en février : « Un nouveau mois très insuffisant, comme en janvier, avec une contraction de 10 à 15% des volumes vendus », notent nos correspondants. La douche froide : « La première quinzaine a été correcte, mais  le réveil ne s’est pas confirmé en seconde quinzaine, vacances scolaires, météo, frilosité des acheteurs, on ne sait pas trop pourquoi », note cette salle majeure. Pourquoi ? « La fréquentation des particuliers est toujours incertaine, et celle des professionnels atteint 15 à 20% de baisse en salles », note cet opérateur spécialisé dans les ventes physiques.

Profil de marché différent sur internet : « Les acheteurs étaient là, mais très attentistes sur les prix. Conséquence, les taux de transformation ont été à nouveau en chute de 5 points, inférieurs à 60% selon les plateaux », résume ce faiseur majeur. « Pas d’appétence des professionnels, en particulier sur les VO cœur de cible, les plus de 100 000km, qui se sont assez mal vendus ». Les moins de 50 000km, qui représentent une part minoritaire du business, « ont toujours bien fonctionné, car principalement issues des loueurs ou des constructeurs sur des contrats de courte durée rallongés, mais sans que nous ne puissions tenir les prix au niveau de l’an dernier » précise ce professionnel.

 Une information importante pour les acheteurs BtoB : les difficultés de stock de fin d’année des loueurs courte durée étant globalement résorbées, cela veut dire que la pression-prix sur les buy-backs est une constante en ce premier semestre. A l’opposé, les petits prix (moins de 5 000€) ont connu quelques déconvenues : « Un phénomène de transfert : d’ordinaire, l’export est plus dynamique en février, il a probablement été impacté par les conditions météo ; nous avons dû changer ces VO de canal, en les replaçant parfois trop cher sur les ventes à destination de la France », avoue ce commissaire-priseur. Résultat : en petit prix aussi, de bonnes affaires sont à cueillir en mars pour les acheteurs.

En réalité, la profession se trouve toujours à la croisée des chemins : la baisse des flux concerne la plupart des produits qu’ils commercialisaient jusqu’alors. Les retours de longue durée sont gardés au maximum par les loueurs (jusqu’à 85% des flux de recommercialisation issus de ce canal échappent aux SVV depuis le début de l’année) : « Seules quelques salles sont privilégiées par les loueurs LLD, les autres doivent se gratter la tête pour constituer leurs plateaux de ventes », constate cet opérateur. « Sauf quand il s’agit des retours de La Poste, les voitures jaunes devant être dispatchées au maximum pour éviter leur dévalorisation à la vente.

Ces produits restent notre savoir-faire typique », résume lapidairement cet acteur du marché.  Quant à l’export, il a bien redémarré, mais avec moins de dynamique qu’en février 2012. « Les intempéries dans les pays de l’Est ont globalement cessé, mais la demande n’est pas repartie dans ces pays », résume le panel. Résultat : « Les taux de transformation ont perdu encore 5 points sur l’export en février », constate le panel. Confirmation en revanche du phénomène observé depuis plusieurs mois : la bonne tenue du VUL, principalement les petits fourgons et les véhicules de société, « qui se sont très bien vendus. Nous nous trouvons presque en pénurie d’offre face à une demande de professionnels qui quittent le canal des achats VN, très orientés par la crise vers l’achat low cost », note ce commissaire-priseur.