Après une année 2018 conclu par un très haut niveau d’immatriculations de véhicules industriels (plus de 5 t), avec quelque 54 300 unités, à + 7,7 %, soit le quatrième plus haut total annuel depuis 2000, l'année 2019 devrait baisser. C’est en tout cas le pronostic de l’OVI (Observatoire du véhicule industriel, BNP Paribas), qui table sur un recul de 6,6 % des tracteurs (qui ont terminé 2018 à une hauteur quasiment record, à plus de 30 000 unités et + 8,8 %) et de 4 % pour les porteurs (+ 6,3 % l’an dernier), soit au final un marché 2019 de 51 500 immatriculations, en baisse de 5,5 % par rapport à 2018.

« Une capacité d’endettement retrouvée »

Rien d’alarmant et de pessimiste dans cette prévision, qui repose notamment sur plusieurs faits statistiques, à commencer par le haut niveau des ventes l’an dernier et par les cinq années de croissance qui viennent de s’écouler, dont la portée s’illustre parfaitement par les chiffres suivants : + 44,5 % d’immatriculations de véhicules de plus de 5 t et aussi de tracteurs routiers entre 2014 et 2018, + 44 % pour les porteurs sur la même période, seulement quatre bilans mensuels (faiblement) négatifs depuis mars 2015 en plus de 5 t. « Sur le marché du tracteur, la capacité d’endettement retrouvée du transport routier de marchandises et l’efficacité des véhicules Euro VI en termes de consommation de carburant expliquent en grande partie la performance », commente Jean-Michel Mercier, directeur de l’OVI.

Cette phase intense de renouvellement du parc, celui des tracteurs en particulier, ne peut logiquement perdurer, quand bien même les conditions de marché restent globalement favorables : coût du crédit intéressant, santé financière des entreprises de transport assainie, bon niveau global d’activité dans le BTP. Elle n’est aussi peut-être pas souhaitable pour qui est superstitieux. En effet, la dernière fois que de tels niveaux de marché ont été atteints en France (et en Europe) remonte à 2005-2008, avec quatre années à plus de 50 000 immatriculations. Or on sait comment s’est finie cette surchauffe, plus ou moins entretenue par les constructeurs et inscrite dans une période de bulle économique internationale...