Les ventes de voitures neuves en Europe jouent au yoyo. Après un recul de 5,2% en mars, puis une envolée de 9,6% en avril, elles stagnent (+0,6%) en mai à 1,44 million d’unités.

Le nombre de jours ouvrés qui, dans beaucoup de pays, diffère d’une année à l’autre explique en partie ce rythme erratique. Ainsi, en France, un jour de moins en mai aboutit à un +0,2% dans les chiffres bruts alors qu'il se transforme en +5,4% après correction. Il ne faut donc être prudent dans l’interprétation de ces données.

Au cumul, le marché européen (Union et AELE) frémit  de 2,2% dépassant les 7 millions de voitures.

L'Allemagne dégringole


La mévente de mai résulte notamment du mauvais score en Allemagne, premier marché automobile européen.

En effet, les ventes de voitures neuves ont chuté de 5,8% outre-Rhin, à 305 057 unités en mai. Ce recul est essentiellement le fait des véhicules diesels dont les immatriculations se sont effondrées de 27,2% (alors que ceux à essence progressent de 6%). Les motorisations gazole ne représentent plus que 31,3% du marché.

La marque Volkswagen, poids lourd en Allemagne avec 20,9% de part de marché, a vu ses ventes bondir de 5,8% en mai dans le pays, après une envolée de 14,6% en avril.

Au cumul, les immatriculations outre-Rhin progressent de 2,6% et flirtent avec 1,5 million d’unités.

Progression en trompe l'oeil outre-Manche


En France, le marché est resté figé (+0,1%) avec toutefois une meilleure performance pour les ventes aux particuliers (+1,8%).

Les évolutions sont contrastées entre l’Italie à la peine (-2,8%) et l’Espagne en bonne forme (+7,2%).

Le Royaume-Uni, qui en apparence affiche un bon score (+3,4%), poursuit en réalité sa dégringolade. En effet, la progression de mai 2018 outre-Manche se révèle très relative, car elle se fait par rapport à un mois de mai 2017 catastrophique après la mise en place d’une lourde taxe écologique. Depuis le début de l’année, les ventes de voitures neuves au Royaume-Uni chutent de 6,8%.

Le redressement de la marque Volkswagen


En mai, le marché européen a évité le pire grâce à la marque Volkswagen dont les immatriculations ont progressé de 5,7% à 172 356 unités, ce qui lui fait gagner un demi-point de marché à 11,9%.

Au cumul, la première marque européenne bondit de 7,2% et dépasse les 800 000 unités.

Au sein du groupe Volkswagen, saluons l’envolée de Seat (+25,3% en mai, qui franchit la barre des 3% de part de marché.

Il s'est vendu plus de Dacia que de Citroën


Peugeot réalise également un score honorable (+3,2%) qui lui permet d’atteindre les 6% de pénétration, son rythme reste toutefois moindre que celui enregistré depuis le début de l’année : +9,2% à 6,3% de part de marché. Citroën connaît un passage à vide (-3,3%) alors que DS se requinque (+16,8%).

La marque Renault progresse de 3% et accapare 7,6% du marché, alors que sa petite sœur roumaine Dacia s’envole de 14% et atteint 3,7% de pénétration. En mai, il s’est vendu plus de Dacia en Europe que de Citroën.

Effondrement de Fiat


Fiat, dont Sergio Marchionne a annoncé que la marque ne serait plus au cœur la stratégie de FCA, s’effondre de 11,1% et tombe de 6 à 5,3% de pénétration. En revanche, Jeep, présentée comme marque mondiale d’avenir, s’envole de 101% et double sa part de marché à 1,3%.

Toyota poursuit sa discrète ascension (+3,2%) et atteint 4,3% de pénétration.

Dans le haut de gamme, le trio allemand est en pleine déconfiture : Audi (-5,3%), BMLW (-7,7%) et Mercedes (-6,1%).