Dans l'océan de SUV qui s'annoncent au prochain Mondial de l'auto, un seul devrait se distinguer. Non pas par ses lignes conformes à celles de la concurrence, mais par son énergie : le Hyundai Nexo est un véhicule 100% hydrogène !
Facturé 72 000 €, l'engin ne rejette que de l'eau lorsqu'il circule et revendique une autonomie (en WLTP) de 666 kilomètres. Aussi rapide à remplir qu'un véhicule thermique, le Nexo n'a que des avantages, si l'on ne tient pas compte de son prix. D'autant que selon Lionel French-Keogh, le directeur général de Hyundai France, il n'y a "pas d'inquiétude quant à sa sécurité" puisque "nous avons cassé 70 Nexo en crash-test pour s'assurer qu'il n'explose pas".

La voiture est donc prête, et elle est loin d'être la seule : Toyota, Honda voire même Mercedes proposent déjà des VP à hydrogène. Pourtant, il ne s'en est vendu que 32 en France depuis le début de l'année ; 10 Hyundai ix35, 22 Toyota Mirai. Le problème tient plutôt à tout ce qui va autour de la voiture, à commencer par l'infrastructure pour la recharger en hydrogène.
Là encore, la technologie semble maîtrisée selon Pierre-Etienne Franc, le directeur de l'activité hydrogène d'Air Liquide. Mais de l'aveu de l'intéressé, "l'enjeu, c'est de baisser le coût des stations. Celles-ci coûtent 3 à 4 fois plus cher que les stations à essence" car il faut comprimer puis refroidir l'hydrogène, le distribuer... "Il faut que l'on réussisse à réaliser une station pour 1 million d'euros. En quatre ans, nous sommes parvenus à diviser le coût par 2, mais il faut encore le diviser par 2" considère toujours le directeur d'Air Liquide.

Le problème des stations et de leur prix de revient demeure entier à ce jour, mais il n'est pas le seul écueil. Tandis que Christophe Aufrère, le directeur technique de Faurecia, pointe les réservoirs et leur tendance à requérir beaucoup (trop) de matériaux composites, Air Liquide précise que l'essentiel de l'hydrogène produit est réalisé grâce au gaz naturel. En émettant du CO2, donc. L'enjeu majeur se situe sans doute là : comment produire de l'énergie sans détériorer l'environnement ?

L'électrolyse à renfort d'électricité dite verte (provenant d'éoliennes, de panneaux photovoltaïques, etc) est une piste fort prometteuse, puisqu'elle permet réellement de ne rejeter aucun dioxyde de carbone dans l'atmosphère, du puits à la roue. Passer par de l'électricité "propre" permettrait en outre de baisser les coûts de production, selon Air Liquide...