Trente six ans après une première loi pour organiser la route, la ministre des Transports Elisabeth Borne a présenté le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), le lundi 26 novembre 2018. Voitures, vélos, trottinettes, électrique, autonome, covoiturage, comment se déplacer demain ? Face à ces nouveaux usages routiers d’aujourd’hui et demain, l’heure est aux améliorations des déplacements du quotidien et à la rénovation des infrastructures. Selon la ministre, ce projet « doit permettre de sortir les zones blanches de la mobilité pour apporter partout des solutions pour sortir de la dépendance à la voiture individuelle ». Autrement dit, le texte veut inciter les Français à utiliser de moins en moins leur véhicule et donc développer les alternatives écologiques et le partage.

Alors que prévoit le gouvernement ?

D’abord, l’abandon des péages urbains à l’entrée des métropoles. Si l’exclusion a été décidée, « une autorité organisatrice de la mobilité » doit vraisemblablement émerger pour couvrir l’ensemble du territoire français. Les intercommunalités ou les régions seront donc invitées à y réfléchir d’ici à 2020.
Même si la voiture n’est pas encore bannie des centres-villes, le projet vise à fluidifier le trafic et à limiter la pollution. Les embouteillages sont eux pour le coup à évincer : les barrières de péages autoroutiers pourraient être supprimées pour laisser l'entière place à des couloirs et à des capteurs qui détecteront un badge, une vignette ou une plaque d’immatriculation.
Concernant la voiture, la LOM souhaite inciter les automobilistes à se convertir à l’électrique et propose de rendre obligatoire l’installation de bornes de recharge sur les parkings ou grands axes routiers d’ici à 2025 pour élargir leur champ d'autonomie.

Vers des forfaits mobilité durable annuels

Le projet va également encadrer l’essor des véhicules autonomes, clarifier le cadre du covoiturage et de l'utilisation des nouveaux véhicules électriques individuels comme la trottinette (l'interdiction de la circulation sur les trottoirs et le respect des piétons devrait y figurer). Il devrait permettre aux collectivités locales ou régions d’aménager des espaces urbains et d’ouvrir des données pour ces utilisations. Elles devront aussi d’ici 2021 veiller à ce qu’existent des applications et solutions permettant de trouver le meilleur itinéraire et moyen de transport, ainsi que de payer ou valider un seul et même ticket. Des voies spéciales pourraient être dédiées aux covoitureurs ou aux véhicules dits peu polluants.

Concernant le covoiturage, le gouvernement veut favoriser les déplacements domicile-travail. A travers cette loi, il veut donc instaurer un "forfait mobilité durable" annuel allant jusqu'à 400 euros que les entreprises pourront verser à leurs salariés qui se déplacent en covoiturage (ou en vélo). L’Etat pourrait débloquer des enveloppes de 200 euros dès 2019.