Luc Chatel, président de la PFA, rappelle que le contrat de filière a été signé dans un climat euphorique, quand l’industrie automobile mondiale était en pleine croissance : « Nous étions loin d’imaginer le ralentissement du marché chinois, les tensions douanières entre les Etats-Unis et la Chine, l’ombre d’un Brexit sans accord, les dérapages liés au WLTP, le mouvement des Gilets jaunes… ». Cependant, il martèle qu’il faut rester ambitieux, faisant de la compétitivité une priorité. Une compétitivité collective, car « il faut chasser en meute ». Une compétitivité qui se traduit par de la solidarité et les grands groupes sont appelés à financer des programmes qui doivent permettre à des entreprises triées sur le volet de se développer.

Une commission « Emplois et compétences »

Cet impératif de compétitivité s’accompagne d’un effort porté sur les ressources humaines : « Nous mettons en place une commission « Emplois et compétences », fruit de réunions menés avec les DRH des entreprises de la filière, avec la volonté d’accompagner l’émergence de nouveaux métiers et de synchroniser ce mouvement avec le déclin d’autres fonctions ».

Moins de frilosité sur les véhicules autonomes

Privilégiant un ton volontaire, Luc Chatel a aussi annoncé la commande d’un livre blanc sur les mobilités en ville, incluant naturellement les véhicules autonomes, notamment les tests grandeur nature et le potentiel du marché des robots taxis : « Si vous regardez ce qui se fait ailleurs, prenons Waymo en Californie par exemple, vous réalisez que nous sommes trop frileux. Il faut intensifier les réflexions et les débats dans ce domaine et le livre blanc, qui sera révélé au cours du premier semestre, va poser les bases des échanges ». Un document qui sera un relais des travaux de Patrick Pélata et Xavier Mosquet, qui avaient été missionnés par le président de la République Emmanuel Macron.

Au pied de la montagne de la transition énergétique

En outre, Luc Chatel a rappelé qu’il fallait piloter la transition énergétique, un processus qui vit une formidable accélération, la réduction de 37,5% des émissions de CO2 à l’horizon 2030 apparaissant comme très complexe pour les industriels. Surtout que les jalons à court terme créent déjà un climat d’urgence (sans mauvais jeu de mots) : « La moyenne des émissions de CO2 des véhicules en France se situe actuellement autour de 115 g de CO2 par km. Et il faut passer à 95 g dans un an. Le défi est d’envergure ». Luc Chatel rappelle l’utilité des leviers du bonus-malus, de la prime à la conversion, mais souligne qu’il faut passer à la vitesse supérieure sur les véhicules électriques et hybrides. Dans l’assemblée, plusieurs experts estiment que ces objectifs focalisés sur le CO2 ont de fortes chances de réhabiliter les diesels de dernière génération : « Sans les diesel Euro 6, la bataille est quasiment perdue d’avance et plusieurs élus commencent à le réaliser ».

Le rappel du principe de neutralité technologique à la rescousse

De son côté, Christian Peugeot, président du CCFA, a une nouvelle fois milité pour le principe de neutralité technologique, rappelant qu’il était pleinement dans son rôle en soulignant que les choix technologiques qui étaient imposés aux constructeurs n’étaient pas forcément rationnels et viables économiquement. Sans même évoquer l’acceptation des clients. Abondant dans ce sens, tout en rappelant que les adhérents de la Fiev étaient mes premiers artisans de l’électrification des véhicules, son président Jacques Mauge a réclamé une trêve sur les taxes et un processus de transition énergétique plus réfléchi.