Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), salue le projet de prime gouvernementale pour les véhicules hybrides rechargeables, évoqué par François de Rugy, ministre de la transition écologique, durant le week-end. « C'est une bonne chose que le gouvernement accepte de considérer l'hybride rechargeable comme une solution qu'il faut encourager », a déclaré Luc Chatel chez nos confrères de Radio Classique, avant d’ajouter : « A court terme, il n'y aura pas une solution unique de propulsion. On ne va pas passer du tout diesel au tout électrique. Ce n'est pas possible. Cela va prendre de très nombreuses années ». François de Rugy avait évoqué un rétablissement d’une prime supprimée au début de 2018, en avançant un effort compris entre 1000 et 2000 euros. Luc Chatel n'a pas souhaité se prononcer sur le montant de la prime en tant que tel.

Eviter les à-coups


Par ailleurs, Luc Chatel plaide pour la continuité dans les politiques publiques. « C'est une bonne chose que, dans la loi de finances 2019, le gouvernement envisage d'intégrer l'hybride dans le dispositif de bonus. De la même manière, c'est important que nous ayons une visibilité, une pérennisation du dispositif de bonus-malus dans les prochaines années. Le pire ce sont les à-coups, une année on soutient une technologie, une année on la soutient moins ».

Une situation paradoxale autour du CO2


En outre, Luc Chatel a prudemment tenu à mettre en perspective le diesel bashing ambiant : « Le facteur de reprise à la hausse des émissions de CO2 dans l'automobile, c'est le fait qu'on ait crié haro sur le diesel, qui émet grosso modo 20% de moins de CO2 que l'essence. On dit aujourd'hui aux gens : « n'utilisez plus de diesel, allez vers l'électrique ». Mais pour des tas de raisons (...), ils ne vont pas suffisamment vers l'électrique et ils achètent un moteur thermique essence qui émet 20% de CO2 de plus. Donc, c'est un paradoxe total ».

Les industriels de la filière font partie de la solution


Il a enfin réaffirmé que les industriels automobiles ne remettaient pas en cause les problèmes de qualité de l’air, mais qu’ils étaient une solution au problème. Il rappelle que dans le cadre du contrat de filière, les constructeurs vont produire cinq fois plus de véhicules électriques et hybrides à un horizon de cinq ans. En contrepartie, le territoire devra faire valoir un maillage de 100000 bornes de recharge.