Le mardi 13 novembre, la CFDT de l'usine Renault de Douai (59) a créé quelque agitation devant l'entrée du site. Il s'agissait en effet de dénoncer la proche fin des contrats d'intérim. Le constructeur n'a en effet pas l'intention de rembaucher les intérimaires car les véhicules produits dans l'usine des Hauts-de-France semblent connaître un succès limité : "Depuis la rentrée des vacances, notre usine connaît un redémarrage très compliqué. En effet, lorsque ce ne sont pas les problèmes de ventes qui perturbent notre calendrier de travail, ce sont les problèmes d'approvisionnement moteurs qui le trahissent" avait fait savoir la Confédération le 11 octobre dernier.

Renault fabrique à la fois le Scénic, la Talisman et l'Espace à Douai. Ce sont surtout les deux modèles symboles du haut de gamme à la française qui souffrent le plus. Sur les 9 premiers mois de l'année, se sont vendues 11 030 Espace (-23,4%) et 19 737 Talisman (-73,4%) dans le monde. Les volumes du Scénic sont meilleurs, mais selon nos collègues de La Voix du Nord, "lors du dernier comité d'entreprise, le directeur Jérôme Moinard a annoncé aux représentants du personnel que l'avenir du Scénic ne s'écrirait plus qu'avec des séries limitées", sachant que l'actuelle 4e version du Scénic a deux ans à peine.

Renault confirme les difficultés actuelles de l'usine : "La baisse de la demande sur le segment D se reporte sur les SUV" observe le constructeur. Néanmoins, celui-ci a choisi de soutenir ses Espace et Talisman : un nouveau moteur diesel de 200 ch est déjà disponible sur le monospace, tandis que la berline a reçu un nouveau bloc à essence (225 ch) et une nouveau diesel de 150 ch. 
Mais surtout, Renault insiste sur le fait que Douai "est entrée dans une phase de transformation. L'usine va accueillir la future plateforme électrique de l'Alliance, les travaux viennent à peine de débuter". Le milliard d'euros promis par Renault pour le développement du véhicule électrique est donc en partie consacré au site industriel des Hauts-de-France. D'ailleurs, et en dépit de la mauvaise passe actuelle, même la CFDT de l'usine se veut optimiste : "Notre usine sera en avance sur les autres" promet le syndicat.