Comme l’avait laissé entendre Motonari Otsuru, le principal avocat de Carlos Ghosn, le président de Renault risque fort une nouvelle inculpation demain, vendredi 11 janvier 2019, afin de permettre à la justice japonaise d’ouvrir le début d'une nouvelle période de détention provisoire, venant se superposer à celle déjà en cours suite à sa première mise en examen le 10 décembre 2018 (pour dissimulation de revenus de 2010 à 2015 et abus de confiance).

Cette fois, le tribunal de Tokyo devrait retenir deux nouveaux chefs d’accusation, à savoir l'abus de confiance aggravé et la dissimulation d'une partie de sa rémunération (à hauteur de 31 millions d'euros), entre 2015 et 2018. Notons que Nissan, en tant que groupe, a aussi été mis en examen pour avoir transmis des informations erronées aux autorités boursières dans le cadre de ses rapports financiers annuels sur la période 2010-2015 et qu’il pourrait l’être de nouveau pour la plage 2015-2018.

Par ailleurs, les auditions des procureurs de la justice japonaise ont été suspendues, car Carlos Ghosn est tombé malade, souffrant de fièvre depuis mercredi soir.

En outre, les administrateurs du groupe Renault ont été convoqués pour une « réunion extraordinaire » ce jeudi, au siège du quai Le Gallo, à Boulogne-Billancourt. On ne connaît pas l’ordre du jour de cette réunion, dont le caractère serait informel. Le groupe Nissan a tenu une réunion similaire, mais pour l’heure, aucune information n’a filtré, y compris via les agences japonaises.

En somme, le feuilleton se poursuit, mais non sans crispation. Notamment entre les directions de Renault et Nissan, la récente mise à l’écart de d’Arun Bajaj et de José Munoz, deux top managers proches de Carlos Ghosn, au sein de l’organisation japonaise en témoigne.


(avec agences)