Pour ses 10 années d'existence en France, le système du bonus-malus à l'achat des véhicules neufs s'est offert un petit plaisir : un solde en augmentation de 95,7% par rapport à 2017 !

Le tour de vis sur les montants et les valeurs de CO2/km, opéré au 1er janvier 2018, a en effet porté ses fruits. L'an passé, 29,7% des ventes de véhicules neufs particuliers ont donné lieu au paiement d'un malus. Un chiffre en augmentation de 12,3 points par rapport à 2017. De ce fait, la recette perçue a flambé : de 324,5 millions d'euros en 2017, elle est passée à 505,5 millions d'euros en 2018, soit +55,7%. Plus de 20% de la recette 2018 a été le fait de l'immatriculation des 10 262 véhicules neufs qui émettaient plus de 184g de CO2/km, et qui se sont trouvés soumis au malus maximal.

L'accroissement de l'emprise du malus sur les ventes a logiquement rétréci la zone dite neutre, sans bonus ni malus : 81% des immatriculations en 2017, 68,8% en 2018, -12,2 points. Alors que plus des trois quarts du marché n'étaient pas concernés par un impôt ou une gratification en 2017, il s'est agi d'un peu plus des deux tiers en 2018.

Les bonus versés par l'Etat n'ont quant à eux pas connu la même poussée : 1,6% des ventes avaient donné lieu à une aide en 2017, 1,5% en 2018. La légère croissance des ventes de véhicules électriques a toutefois augmenté de 17,2% la dépense pour l'Etat, qui en a été quitte pour 193,1 millions d'euros de bonus versés.

In fine, le solde du système a littéralement explosé en 2018 : 312,3 millions d'euros de gains, +95,7% ! Une somme censée servir à payer les primes à la conversion.

L'efficacité du système bonus-malus doit cependant être appréciée sur sa capacité à orienter les choix des consommateurs vers des véhicules moins émetteurs de CO2. Objectif raté, une nouvelle fois : 111,7 g de CO2 en moyenne par voiture neuve vendue en 2018, soit +0,9 g par rapport à 2017. Le retour des motorisations à essence (55% des choix l'an passé) explique en grande partie ce phénomène de remontée de la valeur moyenne.