Avec des ventes de voitures "propres" qui ont du mal à réellement décoller, le système du bonus-malus est une aubaine pour les finances publiques. Sur les six premiers mois de l'année, le système s'est révélé très largement bénéficiaire : 172 372 102 € de gains pour l'Etat qui se décomposent de la manière suivante : 262 486 102 € de recettes dues au malus, 90 114 000 € de bonus à payer...

Le malus a grimpé en 2018 en raison de la taxation des véhicules qui émettent 120g / CO2 par km et plus. En 2017, les voitures pénalisées devaient émettre au moins 127g. Le malus concerne de ce fait 27,6% des ventes de VN, contre 16,5% l'an dernier. Tandis que le bonus a vu pour sa part son champ rétrécir : 1,3% du marché du premier semestre a relevé d'une gratification, contre 1,5% l'an dernier.

Avec une explosion des VN sujets à malus, le montant moyen par véhicule vendu a suivi la même tendance. Sur l'ensemble des ventes 2018 (1 188 172 VN), le malus moyen par auto est de 145€. A pareille époque l'an dernier, le malus moyen était de 55,9€ !

Marque par marque, les résultats des plus gros contributeurs sont les suivants  :

1) Mercedes : 27 761 668 € de malus pour 31 187 immatriculations, malus moyen = 890 €
2) Audi : 21 230 913 € de malus pour 28 710 immatriculations, malus moyen = 740 €
3) Volkswagen : 19 704 718 € de malus pour 75 061 immatriculations, malus moyen = 262 €
4) BMW : 18 469 196 € de malus pour 29 766 immatriculations, malus moyen = 620 €
5) Porsche : 17 459 699 € de malus pour 2462 immatriculations, malus moyen = 7090 €

Toutes ces marques, Porsche exceptée, peuvent être considérées comme des généralistes. D'autres, plus exclusives, présentent des bilans de malus fort différents : 399 000 € de pénalités générées par Aston Martin, soit un malus moyen par véhicule de 10 500 €, ce qui correspond au plafond du système actuel. Idem pour Ferrari, dont tous les modèles vendus sans exception ont été sujets au barème le plus pénalisant.

A l'opposé du spectre, Renault et ses clients se révèlent être les plus gourmands en financements publics : grâce aux ventes de Zoé, l'Etat en a été quitte pour 19,6 M€ de bonus en six mois.