Votre emplacement au fond du hall 3 il y a deux ans vous avait quelque peu chiffonné. Celui-ci, à l’entrée du hall 1, vous convient-il davantage ? Comme les constructeurs français sont présents dans ce hall 1, nous avons la certitude que 100% des visiteurs du salon vont y passer. Nous sommes donc très satisfaits. Dans le hall 3, en 2016, se trouvaient exclusivement des constructeurs asiatiques, plutôt challengers sur le marché français, avec des parts de marché autour de 2%. L’attractivité y était moindre alors que notre investissement était le même que les marques présentes dans le hall 1. De mon point de vue, il y avait une forme d’incohérence ou d’injustice.

Hyundai Ioniq hybride électrique Kona SUV
Le stand de Hyundai au Mondial fait la part belle aux motorisations hybrides et électriques
Avant de dévoiler le SUV Kona électrique au Mondial, vous proposez depuis le 24 septembre 2018 vingt unités d’une série limitée First Edition sur le site Amazon. Quelle est la finalité de cette opération ? Il s’agit d’une opération marketing et de communication. Mais l’objectif n’était pas forcément de faire du buzz, car d’autres marques par le passé se sont déjà rapprochées d’Amazon, ni de pousser la vente de voitures, puisque seules 20 unités ont été proposées. L’idée consiste surtout à faire savoir au plus grand nombre possible que Hyundai est un acteur leader sur les technologies hybrides, hybrides rechargeables, électriques ou encore hydrogènes. Je ne voulais pas lancer Kona électrique de manière anonyme, comme s’il s’agissait d’une énième déclinaison d’une motorisation.

Quelles sont vos projections sur une année pleine avec le Kona électrique ? Notre volume de vente sera principalement conditionné par la capacité de production de l’usine en Corée. Nous venons de lancer la voiture en septembre, presque 500 commandes ont déjà été enregistrées, soit le nombre de voitures qui nous était attribué pour 2018. Près de la moitié de ces 500 véhicules ont été vendus en BtoB. En année pleine, je pense nous pouvons commercialiser 2 000 unités sans difficulté. Si la production suit, nous mettrons en place une stratégie marketing qui doit nous permettre d’aller chercher les 4 000 véhicules. Nous avons commandé beaucoup de véhicules pour l’exercice 2019 mais certains autres pays d’Europe de l’Ouest, comme la Norvège, les Pays-Bas et l’Allemagne, sont également très demandeurs. Mon collègue norvégien pourrait à lui-seul écouler toute la production destinée à l’Europe.

Vous avez lancé le SUV Kona il y a tout juste un an. Ses performances sont-elles à la hauteur de vos ambitions ? Le produit plaît et le segment pousse fort. Le Kona est devenu le troisième modèle le plus vendu, derrière le Tucson et l’I20. En plus de la version électrique, nous venons d’introduire un moteur diesel (1.6 CRDi de 115 ch). Il y a clairement de la demande. Nous commercialisons entre 600 et 700 Kona par mois, dont environ 100 à 150 en diesel. Sur une année pleine, cela représente 1 000 à 1500 véhicules, c’est loin d’être anodin. Mais le challenge en 2018 pour Hyundai était de faire en sorte que la croissance ne soit pas seulement portée par Kona. L’I10 et l’I20 contribuent également à nos bons résultats.

En revanche, le Tucson marque le pas à fin septembre... Nous sommes arrivés au milieu du cycle de vie et beaucoup de nouveaux concurrents ont investi ce segment ces derniers mois. Nous misons sur la version restylée, lancée en septembre, pour redonner un coup de booster. Sur ce mois, les commandes de Tucson sont en hausse de 7% par rapport à septembre 2017. Nous avons également mis en place des opérations commerciales pour minorer la chute du modèle d’ici la fin de l’année.

A quel niveau Hyundai va conclure cet exercice 2018 ? A fin septembre 2018, nous sommes en croissance de 27% en termes d’immatriculations et de 32 % en commandes par rapport à la même période de l’an passé. Nous sommes largement dans les clous pour faire au moins 35 000 unités, soit une part de marché autour de 1,6%. Nous restons en retrait par rapport à la moyenne européenne qui se situe autour de 3% en raison, principalement, de la domination des constructeurs français.

Quelle sera la part des véhicules électrifiés dans vos ventes globales en 2019 ? Cette année, nous allons commercialiser entre 2 500 et 3 000 Ioniq, dont 50% en version hybride, 25% en électrique et 25% en hybride rechargeable. Mais nous pourrions probablement en commercialiser 2 000 de plus si nous avions suffisamment de production. Deux tiers des acheteurs sont des gens qui n’étaient pas clients de la marque. En 2019, nous aimerions commercialiser au moins 6 000 véhicules électrifiés (avec Ioniq et Kona électrique), soit une proportion de 20% de nos volumes. Mais le vrai objectif est de faire un tiers de nos ventes avec des véhicules électrifiés (hybride, hybride rechargeable et 100% électrique), puisque d’autres produits, sur lesquels je ne peux pas communiquer aujourd’hui, vont arriver l’année prochaine.

Quelle sera la rentabilité du réseau en 2018 ? La rentabilité sera identique en pourcentage à celle observée en 2017, soit autour de 1,2% et 1,3%, mais le montant sera supérieur du fait de la croissance des ventes et du chiffre d’affaires des distributeurs. En revanche, le prix moyen de vente a baissé de 1 000 euros par rapport à l’an passé (24 000€ en 2018) car nous vendons beaucoup plus d’I10 et d’I20 et moins de Tucson.