Si le 4x4 Jimny demeure un modèle emblématique de la marque nippone, en raison de son look de baroudeur, il était devenu confidentiel en France sur le plan commercial. Un peu plus de 500 unités commercialisées en 2017 (-44,9%), soit le septième véhicule de la marque. En 2005, dans un tout autre contexte, le modèle culminait à 6 000 unités. Mais la dernière génération, lancée en 1998, commençait à manquer d’arguments pour continuer d’entretenir la légende. Vingt ans plus tard, le nouveau Jimny tient donc le rôle de vedette sur le stand de Suzuki au Mondial de l’automobile. Un vrai contrepied par rapport à un évènement qui fait avant tout la part belle à l’électrification.

« Pendant ces vingt ans, le modèle a tout de même connu quelques petits facelift et aménagements, notamment pour coller aux changements de normes. La question s’est posée il y a quatre ans de savoir si un franchiseur à l’ancienne, avec châssis échelle et boîte de transfert, était encore d’actualité dans le monde automobile d’aujourd’hui. Toutes les études ont démontré qu’un vrai 4x4 avait encore du potentiel, dans les pays émergents mais également dans les marchés matures comme l’Europe. D’où le projet de renouvellement du Jimny », révèle Stéphane Magnin, directeur de l’activité automobile de Suzuki. En France, le modèle, tout juste lancé, commencera véritablement à porter ses fruits l’année prochaine. Suzuki table sur un volume de 1 500 unités en 2019, dont deux tiers auprès d’une clientèle de professionnels (version deux places). Le malus s’élève à 3 000€ (en NEDC corrélé) contre 2 800€ sur le prédécesseur.

Depuis janvier 2018, ce sont principalement les Swift (+47,6% à fin septembre), Ignis (+30,2%) et Celerio (+32,7%) qui portent la croissance de la marque nippone en France. Le Vitara, dont la version restylée est présentée à Paris, a connu un coup de mou en juillet et en août (-13% sur 9 mois). « Nous ne rattraperons pas sur les trois derniers mois de l’année le retard pris durant l’été. Nous sommes sur un rythme de 5 500 Vitara (phase et 1 et 2) en 2018 », précise Stéphane Magnin. Par ailleurs, et comme l’Ignis l’an passé, Suzuki est actuellement confronté à des délais de livraison allongés sur la Swift, dont l’évolution va conditionner sa performance commerciale sur l’année. Suzuki va « au minimum » commercialiser 28 000 voitures neuves en France en 2018.

L’année prochaine, la marque devrait pouvoir franchir la barre des 30 000 unités. Le dernier exercice de référence remonte à 2007 (32 000 véhicules). « Si le marché français reste autour des 2 millions de véhicules, nous y arriverons. Ensuite, nous devrons également nous mettre en route pour 2020 et 2021 au niveau des normes européennes », projette Stéphane Magnin. Sur le plan des énergies alternatives, Suzuki a opté pour un système d’hybridation légère (ou « mild hybrid »), décliné sur les Swift (50% du mix de vente), Ignis (entre 28 et 30%) et Baleno (30%). « Nous allons continuer de développer cette technologie et travaillons en parallèle sur le full électrique, avec des projets qui se concrétiseront en Inde en 2020, et qui seront ensuite lancés dans d'autres continents à horizon 2022 ou 2023 », informe le dirigeant. En attendant, la marque mise beaucoup sur l’hybride pour continuer de grapiller des parts de marché auprès des entreprises et des loueurs de longue durée.