"Nous sommes tous Carlos Ghosn", tel est le slogan d'une campagne de soutien à celui qui reste président du groupe Renault, qui vient de démarrer au Liban. "C'est une campagne contre l'injustice", explique Dany Kamal, en insistant sur la présomption d'innocence.

Carlos Ghosn est en garde à vue depuis le 19 novembre 2018, notamment soupçonné par les autorités japonaises de malversations financières. Symbole de la réussite de la diaspora libanaise, rappelons que Carlos Ghosn, né au Brésil en 1954, est arrivé au Liban à six ans avant de poursuivre ses études à Paris.

Son interpellation à Tokyo a provoqué la stupeur parmi ses amitiés et connaissances libanaises ainsi que dans les milieux officiels, qui insistent sur son innocence. Sur les réseaux sociaux, des photos avec la mention "Innocent" ont aussi pullulé lors de son arrestation. "Tu es une branche du Cèdre (...) du Liban et nous sommes avec toi", a par exemple écrit un internaute sur facebook.

Certains libanais ont toutefois stigmatisé une vague émotive de solidarité en dépit d'accusations "graves". Carlos Ghosn se rendait régulièrement au Liban et avait investi ces dernières années dans des domaines viticoles (l'Ixsir Grande Réserve est sa cuvée la plus haut de gamme et connue) et le secteur bancaire.

En 2017, un timbre portant son nom a été émis par les autorités libanaises, qui ont vivement réagi à sa récente interpellation. Ainsi, le 27 novembre, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a convoqué l'ambassadeur du Japon à Beyrouth, Matahiro Yamaguchi, pour lui faire part de "points d'interrogations qui entourent les circonstances de l'arrestation de Carlos Ghosn et les conditions de détention". 

"Le phénix libanais ne sera pas brûlé par le soleil du Japon", a assuré de son côté le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk.


(avec AFP)