Rendez-vous dans trois ans... Tandis que la controverse battait son plein depuis avril dernier, date de la publication au Journal officiel de la nouvelle réglementation pour les  stations-service, la fin des hostilités a été annoncée ce matin dans Le Parisien par Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au commerce : "Deux mille stations n'ont pas encore réalisé les travaux, et courent donc le risque d'être obligées de fermer" a ainsi expliqué le secrétaire d'Etat pour justifier le report de la date d'entrée en vigueur du nouveau règlement ; "On ne peut que se réjouir" se satisfait le Conseil national des professions de l'automobile (CNPA), "même si cela arrive beaucoup trop tard..."

 

Voici la donne actuelle : il existe 12 522 stations en France, dont 4872 appartiennent aux grandes et moyennes surfaces. Pour elles, pas de souci de mise en conformité, les Leclerc et autres Intermarché ont les moyens de leurs ambitions. Re stent 7650 enseignes, gérées sont en direct par les compagnies comme Total ou Esso, soit par un système de franchise ; ce sont ces dernières qui connaissaient le plus de problèmes avec la règlementation.

 

En effet, comme il avait été expliqué dans L'argus n°4237, la mise en conformité représente un chantier coûtant de 50 à 70 000€ : doublement des parois de cuve, installation d'une aire de "dépotage"  (remplissage des cuves) étanche, mise en place de décanteurs séparateurs, etc. Un investissement jugé trop important pour de petits entrepreneurs à la rentabilité aléatoire. Les pouvoirs publics auront donc voulu éviter d'assomer une profession déja fragilisée ces derniers temps, et c'est une nouvelle fois les normes environnementales qui en auront fait les frais.

 

Une réunion devrait se tenir sous peu entre les autorités et les représentants des distributeurs de carburant afin de connaitre les modalités précises de ce sursis de trois ans.

 

Arnaud Murati